Le colis

Il y a une jolie expression pour un colis égaré, on dit qu’il est « en souffrance ». Pauvre colis ! Moi je n’en suis pas là...

Le colis

C’était avant, c’était quand je consommais, je m’étais acheté un stylo, un Night and Day (Waterman). Années 80. Rayures noir et argent. Etat quasi neuf.

(Un cadeau de moi à moi-même, sans raison, 80€).

Je l’ai commandé sur le site de cet Atelier du stylo d’occasion, sur lequel je le sais bien, il vaut mieux ne pas trop traîner car il y a toujours des merveilles.

(Sans raison autre que la frustration et l’anxiété d’un soir).

Le lendemain, j’ai envoyé à ce gars un de mes stylos à réparer. Il s’appelle Thierry (le gars). Le stylo, il s’appelle Sheaffer ; son prénom, je l’ai oublié. Il est noir avec un effet craquelé, on dirait du cuir usagé, c’est joli mais il est trop gros pour moi. Je l’avais acheté sur un coup de tête, puis égaré pendant des années, dix ans je crois. Quand je l’ai retrouvé l’autre jour, j’ai voulu l’ouvrir pour changer la cartouche (encre bleue / pointe fine), la remplacer par encre noire / pointe large. J’ai dû casser ou décoller quelque chose, bref je n’arrive pas à l’ouvrir, mais alors pas du tout. C’est mystérieux. Alors j’ai proposé à Thierry de le lui envoyer, pour qu’il « regarde ça», comme on dit.

(Sans chercher le moindre prétexte de cadeau à faire à qui que ce soit).

J’ai la preuve de dépôt de mon Colissimo, datée du 10 mars. Thierry a quitté Paris quelques jours après, pour se confiner en Bretagne, il n’a pas pu récupérer mon envoi. La semaine dernière il est rentré chez lui, et lui de son côté, moi de mon côté, on a essayé de toutes les façons possibles de localiser « notre » paquet. C’est si vieux maintenant que le site de suivi de Colissimo ne reconnaît même plus mon numéro de colis.

Donc je résume la situation : le colis contient ce Sheaffer craquelé à réparer, que Thierry devait me renvoyer réparé avec l’autre, le nouveau, le Night and Day. Comme ça je ne payais les frais d’envoi qu’une fois. La bonne idée. Et ce paquet est perdu quelque part entre ma province et Paris. Résultat, je suis dépouillée de mes deux stylos.

(Sans culpabilité excessive).

En fait ça partait (le feu vert que je me suis mentalement donné pour cet achat) d’un constat que je ne renie pas : qu’il faut vivre aujourd’hui, ne pas différer un moment de plaisir. Après, compter sur les objets pour nous combler, ça reste hasardeux, c’est ça le problème.

Même les stylos.

D’autres colis en attente sur germoraline.wordpress.com


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