Journal de Confinement - Jour 9

Plus que 45351938 jours ... Une communauté grandissante d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 9

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 9. Je sais où aller. Je dévalerai la pente. Pas seulement grâce à la gravité, je ferai tout pour accélérer le mouvement. Comme lorsque l’on pédale frénétiquement en vélo, et que l’on gagne à peine quelques kilomètres/heure en plus de ceux que la descente nous offre déjà.


Je dévalerai la pente puisque confiné, on prend une certaine hauteur. On regarde l’horizon de tous les côtés. On peut choisir. Alors, je plongerai, sourire conscient jusqu’aux oreilles, vers les remous qui m’attendent. Une fois arrivé, je regarderai le haut de la colline en lui disant merci, avant de me débattre avec les vagues que j’aurai choisi d’affronter. J’espère les vaincre, c’est vrai. Mais le simple fait que je les combattrai me rend profondément serein.


En attendant, je m’arme, de tout ce qui me sera utile. Je ne suis pas fou, je ne descendrai pas les mains vides.
Elles porteront une boîte.
Elle contiendra mon destin.
Si il est comme ton coeur, il sera magnifique.

Confinement de Pand{or}A

En parlant de Pachamama, cela me fait repenser à mon voyage au Pérou. J’y ai passé plus d'un mois mais surtout une semaine avec un chaman. Il y avait d’autres gens chez lui et la veille de mon arrivée, ils avaient fait une cérémonie. Celle du San Pedro, un cactus hallucinogène qui a l’avantage (entre autres) de nous (re)connecter à la nature. L’une des personnes m’a raconté son expérience qui m’a marquée à vie je crois bien. Elle disait avoir senti la montagne respirer et qu’elle n’arrivait pas à aller à son rythme, elle (l'humaine) respirait trop rapidement… Elle a donc pris conscience que nous allions beaucoup trop vite par rapport à la nature, que nous ne l’écoutions plus.

Même si cette expérience remonte à quatre ans, je n’en prends réellement conscience que maintenant. Maintenant que j’ai du temps et que je l’observe cette nature, si belle et si paisible en plus en ce moment. Quand j’entends qu’apparemment les chinois redécouvrent le ciel, qu’à Venise l’eau redevient claire et poissonneuse, que mon père a vu pour la première fois deux aigles voler au dessus de son jardin, j’ai espoir. Bien sûr je pense à toutes ces personnes en deuil et ces personnes qui luttent, comment ne pas y penser... Mais j’ai espoir.

Confinement de Nats

Les prochains jours s'annoncent triste, après "l'euphorie" que l'on a eu au début de ce confinement, je sens que cela ne va pas forcément s'améliorer. Il est certes agréable de pouvoir s'organiser comme on veut, faire ce que l'on veut, mais ne pas pouvoir sortir va en atteindre plus d'un. Aujourd'hui je ne suis pas sorti et pourtant j'en ai terriblement envie. Une envie qui me ronge, qui me rend triste. Ce que j'aimerais pouvoir juste sortir quelques minutes sans avoir peur, peur de tomber malade ou de rendre des gens malades. Cette maladie, avec son temps d'incubation très long, ne nous rend pas la tâche facile. Combien de temps dois-je t'attendre sans sortir une seule fois pour être certains de n'être pas malade ? 2 jours, 1 semaine, 2 semaine ?

Les chiffres ne sont pas bons, ils font peur, quand pourrons-nous finalement reprendre notre quotidien ? J'espère que l'on réussira à endiguer ce virus rapidement. J'ai également très peur pour les pays qui ne sont pas aussi "développés" que la France.

Confinement de Floflo

Plus loin sur la route, la forêt laisse place à la mer sur quelques mètres. Je ralentis en passant devant. Tout au bout de la plage c'est l'endroit où se fait les départs des cours de voile. Les enfants portent leurs planches à deux mais ils sont bien seuls pour porter leurs voiles. L'un d'eux se tourne un peu. Le vent s'engouffre sous sa voile, il se la prend dans la tête et tombe en arrière. Penaud, il ramasse son fardeau et court de plus belle vers la mer. Il pense que ce sera beaucoup moins désagréable de tomber dans l'eau. Seulement sa combinaison n'est pas très bien foutue pour lui, là où elle ne coupe pas la circulation de son sang, l'eau glacée s'engouffre. Il ne compte pas le nombre de chûtes pourtant il n'aime pas ça du tout. Il peut tomber quatre fois avant d'arriver à extirper la voile de l'eau.

Mais ici la mer est aussi surnaturelle que la forêt. La magie opère enfin et unit le vent, la voile, la planche, l'eau et lui. Il tranche les vagues à toute allure et se penche toujours plus. Bientôt l'équilibre fragile se brise dans un éclat de rire et une gerbe d'eau. Il remonte sur sa planche et crie au monde entier « T'as vu ce que je viens de faire ?! »

La plage déserte est déjà loin derrière moi. J'accélère et je souris.

Confinement de Manro

Vivre sans câlins c’est un peu comme manger une plaquette de chocolat qui n’a pas de goût : c’est insupportable. « Avec ou sans contact ? » m’a demandé la caissière du supermarché. Avec, bien sûr ! C’est tout ce qu’il me reste, le contact de ma carte bleue contre une machine.  Et puis ce mot, « confinement », il est traitre parce qu’il a quelque chose de cosy comme ça, dans sa sonorité, alors qu’en réalité, il est très désagréable. On a plus l’impression d’être des cons finis, enfermés chez soi, que des confinés. Ce qui est cruel, c’est le manque de préparation. J’aurais voulu avoir le temps de demander un pull, ou un t shirt à tous les gens que j’aime pour les serrer dans mes bras en ce moment et avoir leur odeur, leur présence avec moi pour palier à l’odeur des pâtes bolognaise, qui traînent dans ma cuisine, et à ma solitude. Sur ce, je m’en vais chanter « all by myself » à mes voisins. Bisous lointains.

Confinement de Litilesiou

"Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes"


J'ai retrouvé tout à l'heure dans mon tiroir un volet des mémoires d'outre-tombe. Chateaubriand y écrivait cette phrase, précisant que la Révolution lui avait fait comprendre cette possibilité d'existence renforcée. Selon lui, une période de crise correspondait au climax d'une lutte entre des mœurs anciennes et des mœurs nouvelles, dans une société gangrenée. Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour refuser le parallèle avec le monde d'aujourd'hui. Vous avez sans doute vu, pour ne citer que cet exemple, les rapports d'émissions de particules fines et de gaz à effet de serre depuis le début de la pandémie, et les premières conséquences directes de cette baisse. Une évolution vouée au court-terme, à moins qu'il y ait une réelle prise de conscience, mais ça fait drôlement réfléchir.


Certains diront que c'est exagéré mais je pense vraiment que l'homme est à un carrefour de son existence, et ce coronavirus sonne comme une piqûre de rappel, à l'heure où de sacrées crises font de plus en plus ombrage à nos modes de vies modernes, et si peu pérennes. Retrouvons notre auteur pour qui, en période de crise, "les passions et les caractères se montrent en liberté avec une énergie qu'ils n'ont pas" en temps normal. Si c'est réellement une crise de civilisation, cela durera bien au-delà du virus, et si Chateaubriand voit juste, il est temps de vigoureusement pousser la barre pour enfin virer de bord. Et choisir le bon cap.

Mais je vois dans mes proches comme dans de plus lointaines connaissances tant de beaux esprits et tant de grands cœurs en orbite qu'aujourd'hui je veux me concentrer sur eux, sur vous, et sans faux optimisme, j'ai une foi de dingue.

Confinement de Framboise

J'avais oublié de le joindre hier, je le fais donc aujourd'hui. Mon succès-board pour le mois en cours, avec la Nouvelle Lune et le lancement d'intentions pour l'année.Mon skype avec mon coach est reporté à demain car il m'entendait très mal et ses enfants couraient autour de lui, ce qui le mettait quelque peu mal à l'aise... Moi cela m'a fait bien rire et m'a ravie car m'a donné du temps pour relire et mettre mon bouquin en forme, ce que j'ai finalement un peu de mal  à faire ; je me surprends à faire autre chose, alors que ce devrait être l'urgence absolue !!

Paradoxalement avec l'énergie de la période, j'échangeais avec une amie hier soir et elle comme moi, se fait des moments où nous déconnectons du monde pour être au plus près de nous-mêmes... Pour moi, en tout cas, très active en temps ordinaire et un peu repliée depuis le mois de Janvier, ce temps que je m'étais accordé et qui m'est rajouté est du pain béni pour faire ce que j'ai à faire sans stress ni culpabilité, ni peur d'aucune sorte et me donne à réfléchir sur mes peurs, mes chagrins, mes colères que je voudrais déjà anciens mais que je sais avoir encore et encore à regarder en face.

J'essaie d'aller au-delà des mots et du mental, tellement fort pour nous raconter des histoires. Ce qui est sûr cependant, c'est que même si je me replie parfois quelques moments, je nous sens bien reliés et cela me touche énormément. Portez-vous bien ! Rêvons en grand et soyons heureux dans l'instant présent car il n'y a que lui qui existe.... et comme son nom l'indique c'est un cadeau !


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