Journal de Confinement - Jour 7

Que le temps passe vite ! Déjà le 7ème jour ! Une communauté grandissante d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 7

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 7. La journée d’hier est passée en un éclair. Je suis hypnotisé par une routine simple et le temps s’accélère. Je suis rassuré. J’avais peur que ce soit l’inverse. Peur de regarder l’heure compulsivement, comme lorsque mon quotidien était rythmé par ces jobs étudiants qui bouffaient mon esprit. Maintenant je n’ai plus peur. Du moins je n’ai plus peur pour moi. D’ailleurs ne vous en faites pas pour moi. Les jours se suivent, se ressemblent, mon humeur change, mais je vais bien. Je vais si bien. Je sais que ce n’est pas le cas de tous et ça m’attriste.

‌‌Il n’y a plus que deux états dans mes journées. Soit il fait jour, soit il fait nuit. Les heures se mélangent, elles n’ont plus de sens. Midi, quinze heures, vingt heures, et alors ? Je fais ce que je veux, quand je le veux. Je ne suis soumis à aucun contrôle, les heures ne m’ordonnent plus rien. Lorsque je les regarde, maintenant, elles me surprennent. J’écarquille les yeux, d’étonnement, et quelque part dans ma tête, j’entends résonner : « déjà ? ».‌‌ Je goute à une nouvelle horloge, celle de la liberté. Elle a pour particularité de ne pas exister. Le perpétuel tic tac du temps a perdu de sa superbe puisqu’il a disparu avec tout le reste. J’utilise le temps, il ne m’utilise plus. Je le tord, je le bouscule, je le jette à la poubelle, je le tue.

Ma vie prend un tournant. Au cadran c'est mille heures.

Confinement de Joumi

Nous sommes lundi et nous sommes confinés depuis près d’une semaine maintenant. Je me suis réveillée avec beaucoup d’énergie que j’ai décidé de mettre au profit de la rédaction d’un journal de bord, sous la forme d’un livret d’auto-coaching, à destination des salariés et clients de mon entreprise.

Ça me plait de rédiger ce journal. En sur-empathie, je cherche à me mettre à la place de l’autre, d’imaginer ce qu’il vie, de réfléchir à ses besoins, à ses envies. J’espère ainsi me rendre utile à la communauté.

Mes enfants me manquent. J’ai hâte de fêter nos retrouvailles, de partager de nouveaux instants de franches rigolades et de bêtises.

Par peur de manquer d’oranges, j’en ai beaucoup trop commandé…mon mari s’est moqué. Nous allons tous les deux boire des oranges fraîchement pressés pendant plusieurs semaines je crois. J’espère qu’elles se conserveront bien.

En anglais, on dit bien «  an apple a day keeps the doctor away ! », peut-être que ça marche aussi avec les oranges ?

Bises

Confinement de Nats

Aujourd'hui tout va bien ! C'est le retour des cours, certes ils sont à distance et ce n'est pas vraiment des cours mais surtout un projet de fin d'étude, mais celui-ci permet de me distancier du monde de l'entreprise. Que cela est rafraichissant, de pouvoir travailler quand on veux, où on veut et aussi longtemps que l'on veut.

Le soleil rayonnant par ce temps frisquet réchauffe mon coeur, le confinement au final c'est pas si mal. Il faut vraiment que je continue sur ma lancée et que je profite de celui-ci pour m'améliorer. Que ce soit en écriture, en code (et oui je suis un dev) et sur le côté personnel ! ‌‌‌‌Je pense qu'il est important, même si le contexte est anxiogène, que l'on passe du temps pour nous. Il faut se recentrer, penser à ce qui compte vraiment dans la vie, et réfléchir au sens de celle-ci. ‌‌‌‌C'est égoïste de ne pas penser aux autres, ceux qui travaillent en première ligne, mais il est crucial pour chacun de passer du temps à méditer.

‌‌‌‌Merci à vous, qui travaillez, et courage à tous pendant ce confinement. C'est bientôt fini ! Plus que ... jours !

Confinement de Floflo

Tout est chamboulé. On s'offusque d'abord, on s'en accommode ensuite. Les grands optimistes font l'apologie du changement et posent la question suivante : « pourquoi est-ce qu'on a attendu d'être confiné pour faire ça ? ». Je félicite tous ceux qui s'efforcent de tirer le meilleur de la situation. Je félicite encore plus ceux qui n'ont pas d'autre choix que de donner le meilleur dans cette situation. Bref, on redécouvre qu'on a le temps qu'on prend.

Mais je ne suis pas un grand optimiste. Les quelques fois où on a observé des changements positifs à grande échelle j'ai le sentiment qu'ils ont disparu avec le temps. À peine remis du choc on s'est appliqué à démonter tout ce qu'on a construit pour retrouver nos vieilles croyances. Le quotidien reprend ses droits et tel est pris qui croyait prendre, on ne prend plus le temps pour rien.

Alors aujourd'hui j'ai envie d'apprécier ces choses qui n'ont de sens qu'aujourd'hui, je vous en donne trois.

Ma sœur m'envoie une photo d'un paquet de rouleaux de PQ attaché à sa moto qu'elle a enfin réussi à se dégoter. Il y a deux semaines on aurait parlé d'une grosse urgence et je n'aurais jamais reçu cette photo.

La fille de ma cousine est rentré dans ma classe pour souhaiter une bonne sieste à tout le monde.

J'attends impatiemment des nouvelles de Stofcri, de Joumi, de Sandrine et de Framboise alors qu'on ne s'est jamais parlé. Je suis particulièrement touché par ce coup de peinture dans la cuisine, j'espère que tout va rentrer dans l'ordre. Enfin, vous m'avez compris... pas tout.

Vive(z) aujourd'hui.

Confinement de Lex

Je ne sais si c'est le confinement ou la météo grise de ce week-end, mais la place était à l'art. Je ne peins jamais et ne me considère pas comme une personne 'artistique'...

Sous l'impulsion de mon compagnon, qui lui est un véritable artiste, j'ai décidé de passer le cap. C'est assez drôle de se retrouver devant cette page blanche sans quoi savoir faire... Les idées viennent parfois, mais comment les réaliser ? Par où commencer, existe t'il une bonne manière de faire ?... Beaucoup de sentiments se retrouvaient mélangés et faisaient parfois échos à cette situation que nous vivons tous en ce moment.

Et puis je me suis lancée. En un sens je n'avais que ça à faire, je n'avais pas envie de lire, ni de regarder une série ni quoi que ce soit d'autre et je n'aime pas rien faire pour autant...

Ce moment m'a fait du bien, m'a détendue et m'a permis de sortir vers d'autres contrées imaginaires malgré le confinement. Je vous partage ma réalisation sans aucune prétention, mais si elle peut vous permettre de vous évader du confinement ou vous donner l'envie de créer votre sortie du jour, c'est avec grand plaisir.

C'est dans ses rêves que l'homme trouve ses réalités. Prenez soin de vous, restez chez vous.

Confinement de Framboise

At home, D7

Aujourd'hui, grasse mat', sans culpabilité.... Je jeûne et ai testé mon extracteur de jus pour me faire un jus santé puis depuis plus rien jusqu'à ce soir.

Là je vais porter des vêtements lavés et repassés avec Amour, puis des photos et son journal de bord du voyage à St Jacques de Compostelle qu'ils ont fait avec mon père il y a longtemps ; un petit tour dans sa mémoire qui défaille, va lui faire grand bien, à moi aussi par voie de conséquence.
Le ciel bleu m'enchante et je vous espère chacun et tous, bien dans votre nouvelle vie.

Nous pensons encore plus les uns aux autres, tous nos proches et les moins proches sont vraiment présents, merci le confinement !Belle soirée

Confinement de Litilesiou

En observant les autres, la tendance face au grand vertige d'un agenda vierge semble être de porter allégeance au culte du programme. Un programme pour combler ces journées. Un programme pour garder le rythme. Un programme pour se mettre au sport, un autre pour son hygiène de vie et encore un pour le sommeil. Et un programme de travail, bien sûr. Parce que même en confinement, il faut rester rentable. Garder le contrôle quand tout nous indique qu'il est temps de le lâcher...


J'ai essayé, par curiosité. Mais au premier check-point, le cocktail couché-tôt/sport matinal s'est transformé en sirop d'insomnie parfum marathon d'écriture. Sans regrets. C'est un délire qui demande pour fonctionner un fin mélange autodiscipline, d'organisation et de rigueur, autant d'ingrédients qui me donnent la gerbe. Mais cette réponse au confinement m'interroge. Quand nos semaines ressemblent déjà d'ordinaire à des piles de to-do list  et des emplois du temps planifiés sur plusieurs semaines, pourquoi vouloir reproduire ce drôle de modèle. Je comprend bien l'aspect efficace et rassurant, mais merde. En cette période de crise, on a tous l'aubaine de repenser notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes, pourquoi ne pas en profiter pour changer complètement de partition. Voire même s'armer de nouvelles mesures vierges à gratter. Aujourd'hui, j'ai envie d'écrire une ode au non-programme, un plaidoyer pour l'absence de calendrier et l'improvisation. Pensez-y...Chercher dans cet envers du décors à prendre le temps d'observer, de s'écouter, d'apprécier ce qui nous entoure. Profiter de ceux qui sont encore là et penser à ceux qui sont partis. Prendre le temps de méditer, de s'interroger, de contempler ce qui se cache derrière l'apparent et d'entendre le silence. Envisager la lenteur dans ce qu'elle a de plus libre et renoncer à l'illusion qu'être connecté nous rend plus réel. Lâcher l'information et la peur de rater quelque chose, et se lâcher la grappe surtout, parce qu'avec un peu d'humilité, on comprend que personne n'est indispensable au point de devoir abandonner ce temps-là. Voilà la pleine teneur de mon non-programme pour ces prochains jours. Et la meilleure surprise c'est qu'au bout du compte, on en fait pas moins. On fait juste différemment.


Sur ce je vous laisse, je vais courir, j'en ai envie maintenant que ce n'est plus au programme.

Confinement de Richard

Jour #7 – Blotti

Un autre proche m'a confié qu'il n'en pouvait plus. Une semaine pile. J'allais dire que moi ça va toujours aussi bien, mais ça va de mieux en mieux. Merde il reste encore au moins 3 semaines, et pour moi c'est une bonne nouvelle.

C'était une journée magnifique. Elle ne s'est pas pressée et je l'ai laissée faire. J'ai rêvassé et j'ai perdu mon temps, j'ai beaucoup travaillé et j'ai fait de l'exercice intensément. Que soient bénis les nuages qui se dorent différemment à chaque heure de la journée. Je les ai laissés rose orangé comme je les préfère. J'ai eu envie de me blottir. J'ai rêvé d'une fille qui n'existe pas comme quand j'avais 15 ans. Je suis heureux et ça me rend malheureux. C’est à écrire ça que me sert mon confinement, allez vous faire foutre je ne veux plus jamais sortir. Les gens qui applaudissent à leur fenêtre à 20h sont de plus en plus nombreux et m’exaspèrent de plus en plus. Peut-être que j’ai honte de ne pas trouver ça difficile le moins du monde, et même de m’y accomplir.

Ce soir j'ai froid, est-ce que tout le monde a froid ?


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