Journal de Confinement - Jour 6

Nous en sommes déjà au 6ème jour ! Une communauté grandissante d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 6

Confinement de Joumi



Aujourd’hui, je suis très fière de moi et décide de me plébisciter en public ! Je me félicite, me congratule, me complimente…ah…que je suis flattée !

Et oui, je le mérite bien ! Malgré mes cheveux blancs, je le vaux bien !

Je suis enfin montée sur mon vélo d’appartement, pendant près d’une demi heure. Motivée par mon amie qui faisait de même, nous nous sommes « facetimées » (je me demande si c’est un verbe facetimer ?) ou peut-être devrais-je plutôt dire « vélotimées » (ça c’est un verbe, j’en suis sûre). Prudentes, à distance, sans risque de projection de substances interdites…

Nous prévoyons de reconduire l’expérience avec une séance de yoga, suivie de pédalage artistique. Il faut quand même que je vous dise que le kilométrage de mon vélo ne semble pas bien fonctionner. Alors qu’au bout d’une demi-heure, j’avais fait un peu plus de 2 kilomètres, le vélo de mon amie affichait quant à lui, plus de 10 kilomètres !

Je sais bien ce que vous vous dites. Vous pensez que je me la coulais douce…et bien, pas du tout ! Je vous interdis de rire, on ne se moque pas !

Je suis une très grande sportive depuis cette épreuve et je compte bien développer ce nouveau talent pendant mon confinement.

A bon entendeur…à suivre

PS : mes cheveux blancs semblent prendre de plus en plus d’ampleur. Finalement, je trouve que ça me donne un air très sage.

PPS : Vous aimez cette photo que j’ai prise à Paris ?

Confinement de Zewed

Hier s’est déjà éloigné,
Laissant derrière sa trainée,
Mille et un souvenirs mutés,
Hier s’est déjà éloigné.

J’ai oublié l’ennui des jours,
Sans faim, où mes sens sont sourds,
Sensation d’inertie qui serre
Ma poitrine. J’aimais et j’errais,

Je virevoltais de part en bars,
Toujours empli du même espoir,
Croiser au détour d’un regard,
Les vivants sur ma trajectoire.

Aujourd’hui m’esquive, je crois.
Il n’est qu’une ombre qui se détourne,
Cours autour de moi, se défoule.
Aujourd’hui m’esquive, je crois.

Je le guette et soudainement,
L’empoignerai férocement,
Le glisserai sur mes épaules,
Comme une écharpe d’apothéoses.

Je lève mon verre, à faire plutôt
Qu’à accomplir. Moment présent,
Enlace moi de tes bras chauds,
Offre moi tes délices. Maintenant.

Demain est encore magnifique,
Permettez-moi d’y faire un saut,
Promettez-moi bonheur, sursaut,
Demain est encore magnifique.

Confinement de Sandrine

Il fait frisquet aujourd’hui. Je profite d’un moment de calme seule dans la cuisine avant la levée des corps et la mise en route d’un bruit de fond qui ne s’arrêtera que ce soir au moment de coucher petits et grands.

Ce matin, cette foutue incubation de 15 jours me turlupine. On est 5 ici, de 8 à 55 ans. Je nous espère tous en santé. Comme d’habitude me direz vous, mais cependant un peu plus finalement. Bref, je savoure un moment de tranquillité en flipotant un brin.

J’ai envoyé quelques petits message d’amitié à mon médecin généraliste et à une connaissance chef de service en oncologie dans le grand Est. Hier, j’ai eu ma cousine au téléphone. Infirmière, elle vient de passer en réanimation auprès de patients infectés.

Je vais reprendre les pinceaux et continuer à me battre avec mes murs de cuisine. Moi qui serais plutôt contemplative habituellement, je ressens le besoin de m’agiter en ce moment. Foutue impuissance, le combat de toute une vie...

Quand j’aurais fini la maison, j’aurai toujours le jardin pour me défouler.

Bref, journée en demi-teinte mais elle ne fait que commencer, ça s’arrangera peut-être tout à l’heure. Sinon, demain sera un autre jour. Restez chez vous et portez-vous bien.

Confinement de Nats

Aujourd'hui le moral est revenu malgré un réveil assez morose. Le temps des peines est derrière moi, j'ai décidé d'embrasser ce confinement et de profiter du temps qui m'est donné pour faire de moi une meilleure personne.  

Après de nombreux jours perdus dans la tourmente du confinement, la routine pointe son nez. Qu'il est agréable d'avoir un programme pour la journée, savoir ce que l'on doit faire. Cela donne un sens à ces journées qui s'enchaînent sans véritable différence.

Quel jour sommes-nous ? Dimanche ? Est-ce vraiment important alors que le confinement risque de durer plusieurs semaines ? Pourquoi avons-nous attendu ce confinement pour enfin commencer ces bonnes résolutions que nous prenons chaque année ?

Cette petite routine, qui sera sûrement mienne pendant plusieurs semaines, se compose de: petit-dej, vélo, boulot, déjeuner, boulot, geeker, série, dîner, profiter.

Je vous souhaite à tous une très bonne journée, mais s'il-vous-plaît, restez chez vous !

Confinement de Framboise

At home, D6


Aujourd'hui est une journée pleine... pleine de petits bonheurs, de silence, de pensées plutôt optimistes et ça me fait grand bien.

Je me surprends à penser tout au long de la journée, car j'écris peu avant l'heure de publication, que je parlerai de ceci ou de cela dans mon post du jour.
J'ai commencé ma journée par une méditation en ligne, connectée avec 120 participants. Nous avons même réfléchi à 3 aux questions qui nous étaient posées. 3 personnes qui se découvrent sur un écran et partagent des réflexions de l'ordre de l'intime.

C'est la première chose que j'ai eu immédiatement envie de partager avec vous, sur cet espace commun, car cela peut être utile à chacun, aujourd'hui ou lorsque le moment sera venu. Nous avons visionné une courte video de Mingyur Rinpoche qui est l'enseignant tibétain qui transmet et enseigne aux membres de cette communauté Tergar. Il y explique comment être face aux émotions qui nous traversent et l'importance de les accueillir pour ensuite les 'abandonner'. Le verbe 'abandonner' nous a fait réagir mais si l'on remplace par laisser aller, partir, se laisser traverser on est en lien avec le principe de ce qu'il veut transmettre.

Alors, les questions :

  • Que signifie pour vous 'abandonner ses émotions' ?
  • Avez-vous déjà essayé cette méthode et dans quelle mesure cela vous a-t-il été utile ?
  • Que trouvez-vous de particulièrement utile dans cette méthode ? pourquoi ?
  • Y a-t-il quelque chose qui ne fonctionne pas pour vous dans cette méthode ?

Pourquoi ?
Partager son vécu, ses ressentis et réflexions avec des personnes que l'on ne connaît pas a une saveur particulière....

J'ai été particulièrement touchée durant cette heure et quart de réaliser l'interconnexion invisible entre nous tous les 120.... que l'on peut facilement extrapoler .... à l'humanité tout entière et j'avoue que cela fait quelques mois que je médite sur le sujet ; ce virus nous rend tellement interdépendants et peut-être un peu plus conscients que nous sommes à la fois seuls pour traverser les épreuves de la vie afin de gagner nos galons d'Être Humain et à la fois tous ensemble car nous sommes traversés par les mêmes émotions et le même désir d'être heureux surtout. Nous sommes tous Un...

Cela m'a donné l'envie de laisser libre cours à ma créativité et même si je ne peux partager mes repas, je peux au moins partager le plaisir que j'ai eu à faire un super curry de légumes avec ce que j'avais sous la main (sans sortir) au lait de coco et me régaler pendant que le pain sans gluten que j'ai décidé de faire cuisait au four, qui diffusait une odeur et une chaleur bienfaisante dans la cuisine.

Le ciel s'est mis au bleu et ça me fait du bien. Le silence me fait du bien. La perspective de partager une séance de yoga, suivie de vélo-papotage avec ma chère Amie me fait du bien et le bien ça se partage, sinon il manque l'essentiel :-).

Et petit bonheur-bonus que j'ai envie de vous partager : ma mère, en Ehpad depuis deux mois, après la mort de mon père, m'a appelée hier soir à 23 h, par "erreur" en tripotant son téléphone et nous avons papoté un bon moment, elle enfermée dans la salle de bains pour ne pas déranger le sommeil de sa voisine de chambre et moi, l'aidant à se souvenir de moments importants pour elle, qui lui échappent peu à peu. Un vrai moment de bonheur qui nous a permis à l'une et à l'autre de nous endormir sereinement.

Très belle et lumineuse fin de journée à chacun de vous.

Confinement de Floflo

Je plaide coupable. Aujourd'hui ça va.  Je suis inquiet, je suis en colère et je suis triste aussi, mais sur les causes de ces points là, je suis impuissant, je l'ai intégré. J'arrive à ne plus m'épuiser dessus ou je n'arrive plus à m'épuiser dessus, je ne sais pas. Je prends des nouvelles à gauche à droite directement ou pas. J'ai un petit monde en tête dans lequel je chéris mes proches. Du reste, j'ai pris mes distances, j'ai décroché de mon univers ultra anxiogène, je suis sorti du brouillard médiatique. C'est vraiment des *insérez ici toutes vos insultes préférées et allez-y franchement, je vous soutiens*

Je respire mieux. J'ai enfin réussi à faire du sport, à retrouver la fatigue saine.  Pardon... J'ai réussi à faire un déplacement bref, lié à l'activité physique individuelle patati patata...

Je viens de finir un des plus beaux livres que j'ai lu. Un livre de voyages, de rêves et de mille et une autres choses, L'Alchimiste de Paulo Coelho. Je vais en attaquer un autre, et puis j'en aurai d'autres après. Tout me semble simple aujourd'hui. Je sais bien que je vais finir par me lasser de ça, mais je m'autorise une entorse à la règle, pas de geste barrière, j'embrasse joyeusement cette simplicité.

Confinement de Stofcri

J'ai regardé la parenthèse inattendue aujourd'hui.
Parenthèse, c'est drôle : ma femme dirait qu'il s'agit d'une synchronicité.
Il y avait Jean-Marie Perrier qui n'est pas le fils naturel de François Perrier mais celui de Henri Salvador (décrit d'ailleurs comme un sale type).
C'est passionnant ce que je vous raconte non.
Perrier lui est pétillant (c'est fou non !) et très intéressant.
Cette parenthèse là je l'ai ouverte puis refermée avec ma télécommande mais l'autre, l'autre qui s'est ouverte et tout aussi inattendue, elle s'est invitée dans ma vie et dans la vôtre en attendant que nous la refermions sans télécommande, juste avec nos coeurs et nos bonnes volontés.

Confinement de Litilesiou

Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles


Cette citation de James Dean vous paraîtra peut-être un peu niaise, moi, passé son apparente simplicité, elle m'a toujours fasciné. Elle s'adapte à tant de situations que c'est devenu une vraie bouée de sauvetage dans ma vie. Au fond, je pense que l'angoisse de l'homme vient souvent de cette volonté de vouloir tout contrôler. Spécialement à notre époque, on effleure de plus en plus facilement cette sensation dangereuse de toute puissance et d'éternité. Alors quand la situation nous échappe, la nature reprend le contrôle et la détresse émerge au milieu de la houle. C'est là que je me laisse imprégner de toute l'humilité que navigue ce proverbe pour qu'une certaine forme de sérénité refasse surface. Il y a simplement des tas de situations face auxquelles on est impuissant, et vouloir lutter contre ça c'est, je pense, se tromper de combat, et prendre le risque d'affaler toutes les voiles quand la rafale devient trop forte. A l'inverse, on peut l'accepter et croire à tout l'optimisme qu'un effet boule de neige réussi peut provoquer. Et tout le mal qu'il ne provoquera pas.


En y réfléchissant ce matin, je me suis dis que cette pensée était parfaite dans un contexte que beaucoup semble péniblement subir. Bien sûr, aussi restreint, on se sent forcément impuissant; pourtant, on a toujours la liberté d'ajuster nos voiles pour continuer à avancer, aussi lentement soit-il. Ou alors on peut se laisser dériver, et advienne que pourra. C'est bâteau tout ça (ce jeu de mots qui claque) mais aujourd'hui, cette phrase m'a donné une pêche d'enfer, mon petit corps fragile s'adonnant même au plaisir de l'endorphine. Et si l'impact de mes journées de confinement restera limité, j'ai encore la liberté d'en choisir le cap, en attendant que le vent se remette à tourner.

Confinement de Richard

Jour #6 – Privilégié

On me fait réaliser que j’ai de la chance de pouvoir apprécier mon confinement. Je cuisine en dansant avec du jazz au volume maximum dans les enceintes, j’ai tellement de choses à faire qui me plaisent, que je ne peux pas tout réaliser, j’ai de quoi me nourrir et m’occuper pour des semaines.

Les gens s’ennuient, étouffent dans des espaces trop petits, ne supportent plus d’être enfermés, se marchent les uns sur les autres entre proches, membres de famille. Beaucoup perdent leurs emplois ou continuent à travailler dans des conditions dangereuses. Certains tentent de se divertir par l’art, d’autre les réprouvent, considèrent qu’il n’y a pas de bon côté à trouver dans le contexte actuel. Je comprends qu’on puisse ressentir tout ça. Qu’on puisse attendre désespérément la fin du pic de l’épidémie. Il paraît que la crise arrive après.

Je ne suis pas inquiet pour mon entourage : ils sont majoritairement jeunes et rares sont ceux qui sont malades, et ceux qui sont malades ont l’air de se porter correctement. Je suis même heureux du constat des impacts positifs du ralentissement sur l’environnement. Sans même dire que je n’arrive pas, je n’ai pas envie de me mettre à la place des autres. Pour une fois tout va bien. Mon égoïsme m’embarrasse à peine.


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