Journal de Confinement - Jour 52

Déconfinement ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 52

Confinement de Marion

Vous avez vu ? J’ai changé ! Marion Léger. Voilà, c’est mon nom pour écrire, ni plus original ni plus bête qu’un autre. A l’école primaire, un garçon, Félicien, m’appelait Palourde. C’est tout mon programme, être pas lourde. C’est pas le plus évident. Ce contrat de deux cents mots, ça aide. Ça rabat l’orgueil et les bavardages. Pour vous aussi, c’est bien, vu que si ça ne vous plaît pas, c’est plus vite fini.

Moi ce que je voulais vraiment, c’était écrire des chansons. Quand j’étais jeune. Un jour sous la douche je m’en suis aperçue. Ça a commencé ce jour-là. Je voulais faire des chansons qui racontent des histoires, avec un début, un milieu, une fin. Je n’y arrivais pas trop. J’ai encore du mal à faire ça, même dans les textes longs, un début, un milieu, une fin. Je m’y exerce, mais toujours un élastique me ramène au paysage de mes petits états d’âme. Allez chiche : demain, je vous raconte une histoire.

Confinement de Maillec

Que l’intention soit pédagogique ou non, dans les faits, ça ne va jamais. La formulation des termes et des objectifs n’est pas tout à fait cohérente ; ça fait pourtant deux mois qu’elle est la même. Le style de rédaction ne convient pas ; mais on ne m’a pas dit quel été l’attendu. La forme du planning n’est présentée sous forme d’un diagramme de Gantt, donc on n’y voit pas clair sur la simultanéité des tâches. La lecture n’est pas tracée par des couleurs différentes qui permettraient de repérer immédiatement ce qu’on veut trouver dans le document. Le temps passé pour effectuer telle ou telle tâche est considérablement trop long.

La plupart de mon temps quotidien est occupé par le travail. Alors bon, quand on me demande comment ça va et que je jette un coup d’œil rapide sur ma journée, je dis « ça va » pour parler d’un état global qui exclue ce que je fais de mes journées.

Confinement de Floflo

Je me suis souvent posé la question de savoir ce qui me plaisait tant dans le voyage. Une des réponses était que ça me permettait de redécouvrir mon point de départ à mon retour. Je transforme la routine en destination. C'est un des plus grands drames d'oublier ce que l'on aime. Le paradis a des allures de quotidien à présent.

Je refuse de croire qu'il n'existe pas de solution à ces problèmes. Et force est de constater que je ne les cherche pas vraiment. Un autre problème c'est que les questions où il n'y a pas de réponse sur internet ou à la fin du Mickey journal me lassent. Il faudrait dynamiser tout ça. Une vie qu'avec des grands jours, les petits seraient effacé. J'ai l'impression de chercher à inventer la mémoire. C'est pas toujours très passionnant d'essayer de réfléchir dans un monde où tout a déjà été pensé.

On dit qu'il faut se plonger dans l'instant présent pour profiter de ce qui s'offre à nous. On dit aussi qu'il faut prendre du recul pour se rendre compte de la chance qu'on a. Finalement on peut bien tous dire la même chose tant qu'on arrive à se contredire. Vive la république, vive la France.

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 52. Je sais devoir, avant de retourner à ce qui sera un semblant de vie normale, occuper mon esprit; je n’y arrive pas. Je passe la plupart de mon temps à chercher des solutions. Parfois même, j’en trouve, mais je ne les applique pas.

J’ai beau affirmer haut et fort que seul le moment présent existe, il n’empêche que l’avenir semble plus joli qu’aujourd’hui. Alors je l’attends sans trop bouger.
La perte d’horizon temporel due au confinement a causé plus de dégâts sur mon esprit que je ne l’imaginais. On nous bassine qu’il faudra faire attention, que ce ne sera pas comme avant, qu’il y aura peut-être un rebond, une seconde vague, une guerre, un tsunami, une météorite. Alors l’horizon est flou et je n’arrive pas à entrevoir la date du retour à la normale.

D’ailleurs, c’est quoi la normale ? Finalement c’est toutes ces choses auxquelles on ne pensait pas un jour être privé. Il est normal de respirer, on en oublie que c’est une chance. Il en va de même, sur une autre échelle bien sur, de sortir, fêter, s’embouteiller dans les transports, s’embrasser, se toucher et s’arrêter où bon nous semble.


Vive la normale.


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