Journal de Confinement - Jour 51

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Journal de Confinement - Jour 51

Confinement de Marion


Au début de cette aventure d’être coincé chez soi, j’avais fait deux listes, l’une de ce que je voulais faire durant le confinement, l’autre de ce que je voulais faire « après ». Il y a longtemps que j’ai égaré la liste, mais je crois n’avoir tenu aucune des bonnes résolutions du 17 mars. Quand j’essaie de réécrire la colonne de droite, « Après », peu de choses me viennent à l’esprit. Ce qui me manque le plus je crois (aujourd’hui mercredi 6 mai, à quelques jours du fameux déconfinement) c’est le bistrot.

Mais pas la terrasse, le bistrot. Le coup de lavette sur le zinc de la table, la chaude promiscuité, la délicieuse odeur humaine.  J’en ai plusieurs en tête, mais celui qui revient c’est Le p’tit Gone, près de chez mon fils, à Paris. J’y ai pris un double café le mercredi 11 mars vers 17:00. Calée dans un fauteuil club, j’observais indiscrètement les bras tatoués de la serveuse. Il n’y avait pas foule, on faisait déjà attention, enfin moi pas assez j’imagine, et c’est peut-être là que je l’ai attrapé, le virus, ou alors dans le train du retour.

Le train aussi, ça me manque, être assis très près de quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui va au même endroit que vous pour des raisons mystérieuses, et sans doute très différentes. Bref le train c’est la vie (et le wagon-bar c’est le nirvana).

Confinement de Zewed

Si chaque chose souffrante attendrit vos regards,
Fut-elle laide et n’ayant aux autres aucun égard,
Fut-elle l’assassine d’un joli feu d’artifice,
Roi des aurores, devise de l’inatteignable,
Fut-elle ecorcheuse des racines salvatrices,
D’un arbre amour aux écorces intaillables,

Alors regardez-moi.

Si votre pitié l’emporte et que le juge se meurt,
Sa toge flottant sur les torrents du pardon,
Prenant soudain les formes des ailes d’anges,
Volant au secours des regrets d’un semeur
De graines toxiques aux allures de bonbon,
Qui brisent le coeur du soleil lorsqu’elle les mange,

Alors regardez-moi.

Confinement de Maillec

Choisir la couleur orange : telle a été la décision majeure de ma journée.

Face à mon paquet de Haribo, je me dis qu’il ne serait pas raisonnable de manger tous les crocodiles (encore une irruption du Surmoi !). Pour m’en empêcher, je joue à choisir. Les jaunes ont été les premiers à y passer. Hier, c’étaient les bleus. Aujourd’hui, les oranges. Il reste les rouges et les verts. Le vert, ça me fait moins envie. En plus, c’est moins drôle quand on ne peut plus choisir. Restera quand même le choix de finir le paquet, ou bien d’en ouvrir un autre.


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