Journal de Confinement - Jour 50

Reconstruisons ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 50

Confinement de Marion

7:00. J’hésite entre mettre de la musique au casque et rester dans les chants d’oiseaux du matin qui entrent par la porte-fenêtre. Nature et culture, vous avez huit minutes. La page est blanche mais aujourd’hui c’est différent. Pas envie de déjeuner, et pas cette paix, cet entrain, d’être levée la première. Et pas les mots.

Je pourrais écrire un quatorzième Face au mur, un septième Nettoyage de printemps, un troisième Billet. Je pourrais regarder Les quatre-cents coups (1959) sur Netflix, hier encore je cherchais à dégager du temps pour le voir. Ou Huit et demi (1963)

Plein de papiers et de démarches administratives attendent dans le trieur à courrier, des choses que j’ai repoussées, et que je n’aurai bientôt plus d’excuse de ne pas reprendre en main. Puisque dans six jours la vie reprend, il paraît. Quand cet article sera fini, il m’en restera cinq à écrire. Tous ces chiffres me font tourner la tête. Les oiseaux m’appellent, l’air frais m’appelle. Un café, deux tartines et ça ira mieux.

Confinement de Maillec

Lire. Ne pas comprendre. Chercher. Essayer. Lire. Construire un tableau. Prendre des notes. Raturer. Remplir le tableau. Définir des règles. Recommencer. Relire. Re-remplir. Compléter. Coup de téléphone. Pas bon. Recommencer. Relire. Coder. Continuer. Visio. Pas bon. Re-définir les règles. Recommencer. Relire. Recoder. Téléphone. Pas bon. Prendre de la hauteur. Résumer. Reprendre. Pas le cœur.

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 50. J’ai entendu un ami dire, et ce n’est pas de lui mais c’est lui que j’entends, que c’est une merveille d’ignorer l’avenir.

Je veux que cette injonction résonne en moi comme l’écho d’un cri dans les montagnes. Alors allons s’en foutre et ne vivre que pour vivre. Comme si c’était une raison suffisante, comme si le reste n’était que poussières. De toute façon le reste s’envolera.

Allons choyer l’inattendu, soyons sur que rien d’autre ne fait vibrer. Et puis si rien n’est attendu alors la déception n’existe pas. C’est certainement une bonne nouvelle, vous ne trouvez pas ?
Allons tomber, se tromper, se faire mal, foncer face aux murs, se casser les dents et se briser les os. Tout se reconstruit toujours, tout est plus solide après.

Oublions la prudence, le confort, la certitude et oublions l’avenir. Il n’existe pas, il ne veut rien dire. C’est simplement un concept qui nous tient par les couilles et nous fait peur.

Chacun de nous est à un seul endroit à la fois, alors occupons l’espace et le moment qui est notre. Rien ne peut enlever nos moments et c'est notre plus forte liberté.
La vie se résume sans doute à ça.
Et puis rien n’est beau sauf la vie.

Et tout est dit.


Share Tweet Send
0 Commentaires
Loading...
You've successfully subscribed to Sous la Pluie
Great! Next, complete checkout for full access to Sous la Pluie
Welcome back! You've successfully signed in
Success! Your account is fully activated, you now have access to all content.