Journal de Confinement - Jour 48

Plus qu'une semaine ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 48

Confinement de Zewed


Confinement. Jour 49. Il est difficile d’admettre avoir fait preuve d’auto-destruction. Puisqu’après avoir fouillé toutes les raisons qui nous ont poussé à commettre une erreur, les avoir balayé puisqu’elles ne construisent aucune justification suffisante, alors il ne reste plus que cette explication.

Pour l'accepter, il faut aller au delà de son orgueil. Pour moi, ce ne fut pas une mince affaire. Mais maintenant que j'y suis parvenu et que j'ai accepté de regarder mon château de carte à terre, je vais pouvoir prendre plaisir à le reconstruire sur des bases plus solides. Et à l’idée qu’il sera certainement encore plus beau que le précédent, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine excitation.

Puis il serait faux de dire qu’il est complètement à terre. Certaines parties de ce château sont soutenus par des piliers qui n’ont même pas tremblé. Ils se sont même renforcés. Et ils m’aideront à bâtir le reste.

A ces piliers je dis merci.

Confinement de Marion

La Page Facebook

Voilà, c’est décidé, je crée une Page Facebook.

C’est pas simple. Je passe un certain temps à apprendre, à me planter, à refaire.

Je mets du contenu. Je mets trop de contenu. Je passe un temps fou à choisir mes textes, je les relis, j’ajoute des virgules, je publie, je surveille les Like.

Doucement, doucement, ou je le sens bien, je ne tiendrai pas le rythme. Je le sais bien, un tas de pages perso d’auteurs finissent dans les limbes, désertées depuis 2016. Mais ça se tente quand même, et au diable les prudences.

En même temps que j’avance (choisir un nom de page, une photo de profil, une image de fond, tout ça...), j’écoute Boby Lapointe, la « Leçon de guitare sommaire ». En public. Quel bien ça fait d’entendre rire ces gens de 1963, et de rire pour la centième fois à ce sketch foutraque !

S’ensuit l’envie bien sûr d’écouter « Je joue du violon tzigane », et tout l’album y passe. Ah, voilà une bonne idée, je vais mettre des chansons, aussi, sur ma page ! Il y aura mes textes, avec quelques images, quelques chansons pour vous vendre ma came. Vous viendrez ? Ça sera bien.

https://www.facebook.com/marionlegerauteur/

Confinement de Maillec

Ça semble être une règle universelle : Personne n’aime pas la musique. Je vous défie de prouver le contraire. En tous cas pour ma part, la musique procure en moi une sensation unique. Assise dans mon canapé, j’ai les pieds qui bougent tous seuls. Chose insupportable à qui serait à côté de moi (ce confinement sauve tout le monde sur ce point) : je ne peux m’empêcher de chanter par-dessus chaque chanson que je connais. Comme une vraie mécanique (… Comme des piles électriques ; Toouuuut pour la musique !) : la chanson commence, je fredonne les notes d’intro du piano ; je joue à la chanteuse. Mais sans le micro : mon Surmoi me dit de ne pas abuser. Un frisson qui se propage. Le cœur qui se serre. L’émotion monte. Parfois, elle prend le dessus. L’émotion gagne ; elle me gagne.

Petite, la musique était comme un rêve. J’aurais voulu faire carrière après un passage détonnant et révélateur à « Graine de star ». Bon, finalement, ça a été autrement : « c’est pas qu’on veut pas, mais ce serait bien que tu termines l’école d’abord ». Quand on sait combien de temps a duré cette histoire, j’aurais plutôt eu l’âge de la retraite pour une graine.

Confinement de Floflo

Le bruit des ressorts dans le siège. Le bruit de la porte qui claque. L'odeur d'essence dans l'habitacle. Le moteur qui démarre. Les vibrations qui font claquer les dents ou qui chatouillent le bout du nez. Le moindre virage, la moindre accélération qui font glisser les passager sur la banquette. L'aiguille donne une fourchette de 20km/h au conducteur. C'est large quand on sait qu'on atteindra jamais les 90. Le moteur chante de toute ses forces dans la voiture, et vous pouvez me croire, il a du coffre. On ouvre les fenêtres pour respirer autre chose que l'essence qui s'est franchement installée maintenant.

Je suis fier là-dedans. J'ai l'impression d'être l'ambassadeur du temps retrouvé dans une madeleine de Proust en ferraille posée sur quatre pneus. On répond aux klaxons par des signes de têtes très dignes. Ils saluent l'époque et les souvenirs à notre passage. Et nous on en forge d'autres. Quand on se retrouve dans le bois, à l'abri des changements, on échappe totalement au présent. J'essaie d'expliquer ça à mon grand-père, il sourit. Il m'offrait une petite place dans le passé à ses côtés. À 2km de la maison on allait dans les années 60.

Sur le petit chemin de terre, la voiture file à l'allure toute relative du temps.


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