Journal de Confinement - Jour 49

Un jour blanc ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 49

Confinement de Marion

On en est au quarante-neuvième jour et Estrella n'en peut plus.

Ce n'était pas vraiment un choix, mais se confiner ensemble dans les cinquante mètres carrés parisiens de sa mère semblait pourtant cohérent. Elles étaient quatre : Estrella, vingt ans, sa mère, Caro, et ses deux grands mères, Laurence et Susana.

Ça commence juste à faire un peu long, quarante-neuf jours, et il paraît qu’il en reste encore au moins sept ! Estrella finit de saucer à même la casserole les pâtes au pseudo-roquefort du dîner. Elle traîne dans la cuisine pour échapper aux éclats de voix d’une énième dispute autour de la musique.

La doctrine de l’isolement, le ravitaillement par drones, on fait avec. Le traçage bi-quotidien par puce sous cutanée, ok. Mais les disputes de Susana et Laurence, à qui contrôlera la diffusion automatisée de musique ambiante, ou autre futilité, pfff.

Laurence, la française, est fan d'Higelin depuis toujours, Susana, la barcelonaise, n’aime qu’AC/DC, et leurs chamailleries sont une rengaine familiale. Estrella, la musique, elle s'en fout. Elle voudrait juste sortir. Et sa mère qui passe son temps  à jouer à la console, ou en visio avec son psy virtuel !

Estrella quitte la cuisine en soupirant, elle va encore devoir les brancher sur leurs souvenirs… C’est bien les seuls moments où on peut souffler, pense-t-elle. Quand les vieilles me racontent comment c'était, cette année-là. L’année où ça a commencé à déconner. L’année de ma naissance, l’année 2020.

Confinement de Zewed

Et le monde brûle pour renaître de ses cendres.

Confinement de Maillec

Pas envie. Pas le temps. Pas d'inspi.

Mon esprit est trop préoccupé.

Confinement de Nats

Idem ! Trois semaines avec la page blanche.

Bon confinement !

Confinement de Framboise

At home, Day ?

Ça a un côté sympa de cultiver le flou du temps ; compter les jours me fait penser au prisonnier qui compte les jours le séparant de sa libération. Nous c'est dans l'autre sens, on additionne sans savoir jusqu'où on va aller comme ça...
Et moi je me surprends à penser : oh non pas déjà, je n'ai pas fini tout ce que j'avais à faire avant de reprendre le cours de la vie ! Bizarre ? peut-être.... ou pas ! Ce que le confinement m'apprend c'est à reprendre le contrôle de ma vie, écouter mes envies (en vie) et suivre mon inspiration.
J'ai découvert que je pouvais être disciplinée alors que je pensais que c'était insurmontable, que j'avais plaisir à suivre une routine, moi qui ai horreur de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une contrainte ou à de la routine. Comme c'est moi qui l'ai choisie et construite c'est un vrai plaisir !
Eh bien, moi je dis que si j'ai gagné au moins ça en x jours, j'ai gagné ! en maturité, en connaissance de moi, en idées pour accompagner les personnes qu'il me sera donné d'accompagner... et ça, ça vaut bien un peu d'isolement.

Je vous sens, chers co-auteurs, dans une phase de blanc, comme je l'ai été ces derniers jours ; alors je vous envoie plein d'ondes positives ; vive la Vie et vive l'Amour (sous toutes ses formes !)

Confinement de Floflo

Je mets le masque sur mon visage et je rentre d'un pas décidé. Chaque geste est réfléchi à l'avance. Je sais exactement où aller. Je prends uniquement ce dont j'ai besoin. Je suis un souffle, je suis insaisissable. J'ai l'impression de danser avec les obstacles,  avec les autres clients. Un paquet de jambon a disparu du rayon, la porte se referme, mais je suis déjà loin. D'un seul geste je rafle du parmesan, du gruyère rappé et un caprice des dieux. Je saute sur l'arrière du cadis et je choppe deux paquets de chips sur un drift d’anthologie. Mon regard parcourt les légumes avec une précision terrifiante. En quelques minutes mon cadis est blindé. Il est temps de passer en caisse.

Pour la dame devant moi, c'est sa petite sortie du jour, son lien avec le monde, elle papote avec tout le staff du magasin. Elle fout en l'air mon excursion ninja. Je sors bougon du magasin avec mon cadis qui fait un bordel monstrueux. La caissière m'appelle, j'ai oublié mon paquet de PQ. La mission est un échec.


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