Journal de Confinement - Jour 44

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Journal de Confinement - Jour 44

Confinement de Marion

Nettoyage de printemps #2

Que faire des flacons de parfum vides qui encombrent nos placards de salle de bain ? On pourrait les jeter au récup’verre ? Certains sont trop beaux pour s’y résoudre, mais l’heure est aux efforts.

D’un même voyage on mettrait au collecteur de textile les vieux tee-shirts et les jeans troués ; on n’aurait pas fait le voyage pour rien. Un arrêt à la boulangerie pour deux baguettes-alibi ? Parce que sur l’attestation, jeter les vieilles bouteilles de parfum, je ne vois pas où ça peut être…

C’est étrange, il y a des gens sur Ebay qui revendent des flacons vides de marques de luxe. S’il y a des gens qui les proposent (qui en demandent 5, 10 €, quand même), y a-t-il aussi des gens qui les achètent ? Dans quel but ? Collectionner des cadavres ? Décorer leur salle de bain de signes extérieurs de richesse ?

Les chaînes de parfumerie vous les reprennent, et vous offrent une réduction sur un flacon de votre choix. Marché de dupes : c’est une réduction de rien du tout, qui traîne partout, cadavre ou pas cadavre. Au moins on est débarrassé ; mais on se sent potentiellement floué… Sephora ne les revendrait-elle pas à nos dépens sur Ebay ?

Confinement de Zewed


Confinement. Jour 44. Le car entame son dernier tournant, ralentit et se gare. Le moteur se coupe et nos oreilles s’apaisent. Nous ne sommes pas encore arrivés, la ville est en hauteur.

L’air marin ne parvient plus à nos narines, nous sommes à quelques dizaines de kilomètres dans les terres. Nous attrapons nos bagages, et nous entamons l’ascension. La chaleur est accablante. Pas loin des 40° selon Google. Elle n’atteint pas nos sourires.

Sans trop parler, avec quelques plaintes par ci par là, nous montons. Les locaux ne peuplent pas les rues, habitués au climat. Les pentes sont raides, les escaliers nombreux, et l’ombre se montre invisible et ne vient pas à notre secours.  Ce n’est pas grave. Rien n’est grave ici.

Nous arrivons enfin là où nous sommes attendus. Une dame d’un certain âge nous ouvre la porte et nous accueille de sa chaleur sicilienne. La climatisation fait son travail. 27°, il fait frais. Nous découvrons notre chambre. Nous nous regardons et nous sourions.
Encore quelques jours de bonheurs devant nous.
Non.
Encore la vie entière de bonheurs devant nous.

Confinement de Maillec

Il y a des personnes que l’on aime et pour lesquelles on ne peut imaginer qu’elles ne le soient pas de tous. Aimables personnes.

« Mon aimable » est d’une beauté universelle, d’une sensibilité juste, d’une intelligence admirable, d’une sincérité délicate, d’une ambition remarquable.

C’est sûrement moi qui ai été la première curieuse de découvrir l’autre. Cependant, c’est elle je crois qui a fait le premier pas : celui d’un acte qui témoigne d’une confiance, d’un don fait sans attente d’un quelconque contre-don. C’était il y a trois ans et demis. Le 5 septembre 2017.

Elle a pardonné mes bourdes, m’a accompagnée dans de nombreux moments de joie, de doute, d’angoisse.

Elle n’est pas seulement une personne aimable ; c’est une amie précieuse.


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