Journal de Confinement - Jour 30

Les jours se ressemblent ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 30

Confinement de Stofcri

Hier, j'ai décidé de sortir faire des courses alors que je n'avais pas mis le nez dehors depuis longtemps.

quand je dis dehors, je veux dire dans la rue, dans l'espace public.

J'étais vigilant mais pas du tout stressé, et n'ai pas croisé grand monde dans ce décor irréel.

En rentrant, j'ai entendu derrière les portails des maisons des bruits agréables :

Le tac tac d'une balle de ping-pong , des rires, des bavardages de couples, de familles.

J'ai eu une envie furieuse d'entrer dans leurs jardins, de les prendre dans mes bras en leur disant que c'est rien, ça va passer, il faut beau, nous sommes vivants et plus forts que jamais.

J'avais envie de partager un apéro géant jusqu'au bout d'une belle nuit de printemps pendant laquelle les jardins nous offrent des senteurs incroyables, où le sentiment de paix nous rend béat, où nous nous abandonnons à cette douce torpeur indéfinissable.

Ce sentiment m'a reglonflé un petit peu avant de rentrer dans ma maison et me laver plusieurs fois les mains entre chaque déballage de sacs et de cartons.

Il m'était apparu évident que la vie ne s'était pas arrêtée aux discours de nos politiques, pseudo spécialistes et experts en tous genres.

La vie était toujours là,  palpable et plus vivante que jamais.

Confinement de Zewed‌‌

Confinement. Jour 30. J’attends avec impatience le retour des vrais bonheurs. Avec l’idée que si ils reviennent, je pourrais regarder en arrière et me dire que ce sont mes choix qui m’ont amené là. ‌‌Pour le moment, mes couleurs sont moroses. ‌‌Je vois en noir et blanc à la place du rose.‌‌‌‌Je me replonge toujours dans de jolis souvenirs, mais des pensées parasites les transforment en vapeurs. J’ai hâte d’en créer de nouveau, bien solides. Un souvenir que l’on ne partage pas ne vaut rien, et je n’arrive plus à les partager. Ils se transforment et leur réalité n’est inscrite nulle part où je peux la lire.‌‌‌‌Le temps est de plus en plus long. Mes motivations s’amenuisent. La routine dans laquelle je suis installée ne m’hypnotise plus, et j’entends plus que jamais le tic tac du temps. J’ai l’impression de pouvoir compter une minute entre chaque battements. ‌‌J’accepte l’état dans lequel je suis, avec l’espoir certain qu’il mutera de lui même. J’ai décidé de ne plus rien combattre, mis à part mon impatience. ‌‌Avec l’espoir certain que je me battrai à nouveau dés demain.

Confinement de Floflo

Le superflu a fait ses valises. Il n'avait aucune raison de rester. Alors il est parti. Moi je préfère me féliciter et me dire que le travail a porté ses fruits. Mais je crois que je travaille trop peu. D'ailleurs je n'ai plus que des pâtes. Tout de même, mon nouveau programme se présente à vous. Je me lève, je mange à peine, j'attends, je mange, je vais au toilette, après je fais une pause... Je mange un peu, je patiente et je m'endors. C'est vraiment une belle opportunité ce confinement. Je dois me rapprocher du sens profond de la vie.

Bon c'est clair que le superflu a laissé un vide. Pour ne rien vous cacher je commence à m'ennuyer sans lui. Ça paraît fou mais je le soupçonne d'être nécessaire. Parce que patienter c'est chouette au début mais c'est un peu monotone à la longue. J'ai pas de problème pour attendre quelque chose, mais c'est quand je n'attends rien que ça se complique.

Si en forgeant on devient forgeron, alors en patientant peut-être qu'on devient patient. Faut pas s'étonner qu'on soit face à une pandémie si on enferme les gens chez eux toute la journée. En attendant j'ai intérêt à m'y remettre si je veux en être.

Finalement c'est comme tout, quand le sens de quelque chose nous échappe, il suffit de lui en donner un. Et entre nous c'est beaucoup plus supportable comme ça.

Confinement de Maillec

Chaque été, le soleil modifie la couleur de mes cheveux. Je ressors de la période estivale avec de nombreuses mèches très blondes. Et à chaque début d’hiver, je fais une couleur pour remplacer les mèches blondes par une couleur châtain foncé. Au cours des mois, la couleur s’estompe et alors je suis capillairement prête à accueillir l’été.

Mais cette fois, mon plan échoue : la couleur ne part pas. Alors je passe des heures sur internet pour trouver le remède. Les salons de coiffure étant fermés, j’opte pour une méthode DIY.

Je teste donc un premier remède : masque à l’huile d’olive et au vinaigre. Une fois sur ma tête, ça me coule partout dessus. J’enlève. Et bien sûr, la baignoire est pleine d’huile. Deuxième méthode : je remplace l’huile par de l’après-shampoing. 15 minutes de pause, et je rince. La couleur dégorge tellement peu que même un troisième shampoing d’après-couleur est plus coloré. Vous voyez peut-être ce que je veux dire. Je ne me décourage pas. Troisième essai : bicarbonate de soude et shampoing. 15 minutes de pause, et je rince. Le résultat est encore plus décevant que la fois précédente.

J’adore le DIY, mais force est de constater que cette fois, il va falloir trouver mieux. J’ai repéré un produit bien chimique sur internet ! Je ne promets pas de raconter la suite, tant l’intérêt de cette anecdote est moindre. Mais c’était ça, mon texte du jour.


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