Journal de Confinement - Jour 3

Une communauté grandissante d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 3

Confinement de Stofcri

J'ai décidé de ne pas céder à la tentation de regarder les chaînes anxiogènes en continu.
Je fais fi de ces empêcheurs de rêver en rond et les interdit de nous désespérer car il y aura des lendemains qui rechanteront et j'en suis certain à l'unisson.

Souvent, je suis enfoncé dans le passé  en faisant revivre mes chers disparus, en regrettant le temps béni de mon enfance comme dis Barbara.

La solution est pourtant dans la foi en l'avenir, en l'éradication des cons en tout genre (pas une mince affaire).

Il y a plus qu'une poignée d'individus de bonne volonté pour y arriver et quand je sais à l'heure où j'écris que mon fils prépare une bolo, ça me met du baume au cœur.

Le temps d'apprendre à vivre, il n'est jamais trop tard.

Confinement de Joumi

Je me suis endormie tard après avoir discuté avec mes proches et amis au téléphone. Fenêtre ouverte, malgré la fraicheur de la nuit, comme si j’avais besoin de respirer à pleins poumons. Je me réveille d’ailleurs ce matin avec un léger sentiment d’oppression, confinée seulement depuis trois jours.

Cette sensation me ramène au besoin de relaxation, de méditation et je décide d’écouter de la musique amérindienne sur fond de flute de pan. J'aime bien ce son mélangé à celui des oiseaux. Ouvrir le champ, ouvrir les fenêtres, ouvrir les yeux et l’ensemble des sens et surtout garder l’espoir d’un meilleur lendemain.

Je pense à un poème d’Emily Dickinson que j’ai étudié lycéenne :

"Hope" is the thing with feathers by Emily Dickinson

"Hope is the thing with feathers -
That perches in the soul -
And sings the tune without the words -
And never stops - at all -

And sweetest - in the Gale - is heard -
And sore must be the storm -
That could abash the little Bird
That kept so many warm -

I've heard it in the chillest land -
And on the strangest Sea -
Yet - never - in Extremity,
It asked a crumb - of me.

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 3. J’écoute les oiseaux chanter. J’ai toujours aimé leur bruit. Mais aujourd’hui, il me semble les entendre particulièrement nombreux. Peut-être est-ce l’effet placebo. J’aime à croire que non.
J’ai depuis hier soir une image en tête. Celle du regard d’un moineau, cramponné sur la rambarde du balcon, la tête légèrement penché, qui semble dire « soyons amis ? ». J’ai l’impression d’avoir compris seulement aujourd’hui ce message.
Je me drogue aux belles images d’une Nature qui reprend ses droits. D’une Nature qui a de toute façon tous les droits. D’une Nature qui nous sermonne, nous prévient.
Tout est à elle puisque tout est elle.

Lorsque je me réveille, ce matin, je suis troublé. Muni d’un café serré et d’une nécessaire cigarette, j’observe le soleil diffuser une douce chaleur. Le printemps est là. C’est peut être la première fois de ma vie que je l’observerai. J’ai hâte.
Contempler. C’est probablement le maitre mot d’une harmonie. Je me rappelle ce que m’a dit un jour mon père, en rentrant d’une promenade avec notre chienne. La simple contemplation d’une famille de canards marchant ensemble vers un même but inconscient lui avait donné un sincère sourire.
Je n’oublierai jamais ça.

Confinement de Nats

Jour 3 - Wouf Wouf

1,2,3 ... dépression ! Je ne puis dire quel est mon état d'esprit. Etant quelqu'un de plutôt casanier, rester chez moi ne me dérange pas. Cependant, au vu de la situation inédite, on peut sentir une certaine tension dans l'atmosphère. Entre les chômages techniques, les ruptures de contrat, l'arrêt de l'économie on ne peut que se demander quel sera le futur.

Il est important de mettre en place une routine pour "survivre" ce confinement. Ma copine et moi, dieu soit loué elle est avec moi, commençons à prendre nos marques et profitons plus de chaque instant.

La grande question qui nous brûle tous les lèvres: Combien de temps va durer le confinement ? Combien y aura-t-il de malades ? Vais-je tomber malade ?

Je suis sorti faire les courses ce matin, et j'ai vu des gens se regrouper pour "fumer un petit pet" en communauté et cela a fait monter en moi un sentiment de colère. Combien de personnes mettent-ils en danger en faisant cela ?! Ces individus ne comprennent pas la gravité de la situation !

Un petit article pour vous expliquer la gravité de la situation:

Coronavirus: Agissez Aujourd’hui
NB : Ce qui suit est une traduction rapide de l’article de Tomas Pueyo (plus de 26 million de visites) par Fanfan, assisté par Pierre Djian, Lucie Lévy, basé sur une version initiale de h16, et…

Confinement de Floflo

La voiture noire s'engouffre silencieusement dans la nuit. L'aller est direct. Ils fuient l'enfer, ils ont une place au paradis. Trop terrifié pour s'arrêter ils ne laisseront pas de place à l'inconnu, au changement. Tout change trop vite, ils se sentent forcé d'en être les acteurs pour ne pas en être les victimes. Alors ils jouent. Ils jouent une comédie qui les dépasse et qui ne les fait plus rire. Le rôle n'est pas fait pour eux. Un panneau indique qu'au premier signe de fatigue il faut faire une pause. Ils discutent pour ne plus regarder les signes ou le panneau. En fonction du sujet abordé on les voit dramatiser ou dédramatiser la situation. Ils règnent en maîtres absolus dans cette voiture, alors ils se soutiennent, surtout lorsqu'ils se contredisent. Ils sont perdus.

Mais dans cette voiture ils ont un objectif et un trajet. Ils savent où ils vont et ça leur fait du bien. Alors ils bouffent les kilomètres, ils traversent une féroce crise de boulimie, ils souhaitent se rassasier une dernière fois avant d'arriver dans leur prison, dans leur paradis. Mais ils en veulent bien plus encore. Le parcours ne suffit plus, ils sont déjà passés par là. Ils le savent, cette route a une fin. Ils ont faim de temps. En se souvenant du passé ils espèrent que celui-ci est éternel.

Alors il y a deux couillons à l'avant de cette voiture qui dépassent les autres voitures en hurlant des souvenirs sous couvert de chanter des chansons. Ils se noient dans un flot de musiques toutes plus dépassées les unes que les autres. Ils poussent parfois, mais toujours très timidement, encore un peu plus loin. Ils remontent jusqu'aux souvenirs qui ne leur appartiennent qu'en partie, des souvenirs fait d'images et d'histoires racontées, imaginées ou remémorées dites le comme vous voulez. Ils hurlent suffisamment fort pour ne pas avoir à penser. Ils avancent complètement sourds dans cette voiture noire silencieuse, ils foncent à travers la nuit.

Ils arrivent au bout du voyage, sortent silencieusement de la voiture et regardent la mer. Le vacarme des vagues est bien doux à coté de celui des souvenirs. Le vent n'a pas changé, il parcourt le sable, il vient fouetter leurs chevilles et saisir leur visage. Ils ont 10 ans, ils ont 26 ans, ils voient le même paysage, avec les mêmes lumières au loin, les mêmes sons de vagues, les mêmes odeurs de sables et d'océans. Ils le regardent et l'interrogent une clope à la main. Ils interrogent leur regard, parce que le paysage lui reste silencieux.

Ils se confinent dans ce paradis qui semble faire de tout le reste un enfer, ils sont en enfance.

Confinement de Litilesiou

Première semaine de confinement, comme une répétition générale pour les crises à venir. Le constat est sans appel, l'humanité semble prête à s'organiser conjointement, à travailler en bonne intelligence, que ce soit à petite échelle, d'un individu à l'autre, comme à grande échelle, d'un pays à l'autre. Le tout pour faire face et s'en sortir. C'est bien rassurant tout ça, et les exemples ne manquent pas.

Hier, une amie nous disait qu'elle allait être rapatriée du Congo, car elle n'était plus la bienvenue. Elle est là-bas depuis plusieurs mois mais elle est européenne, alors elle leur ramène sûrement le virus. C'est mathématique. Ici et là, des gestes tout aussi délicats voient le jour, portant le sceau de la pleine solidarité; les parisiens ne sont pas très accueillants alors quand ils se déplacent, on se met à leur niveau et on attaque ce qui se signe en 75. Brillant là-aussi...  après tout, pourquoi niveler le tout par le haut quand on peut le niveler par le bas.

Et oui c'est sûr, l'intelligence de l'Homme, c'est ce qui le distingue des autres espèces. Gardons l'esprit ouvert, les dinosaures ont vécu presque 200 millions d'années quand nous titubons après quelques 200 000 ans d'existence. Soyons lucides aussi, sans rentrer dans le sensationnel ou l'excitation du survivalisme, d'autres crises plus graves pointent déjà plus que le bout de leur nez. Alors à l'heure où le monde s'essouffle, chacun à son niveau pourrait en profiter pour se remettre en question et comprendre que l'humanité est à un carrefour de son histoire, un champ de bataille sur lequel son intelligence et sa bonté seront mitraillés de toutes parts par sa cupidité, son ambition, son individualisme, sa violence, son égoïsme et sa fermeture d'esprit. Et chacun pourrait voir ce confinement comme une belle aubaine, celle d'avoir du temps, beaucoup de temps, pour prendre un maximum de recul et commencer à s'interroger sur le rôle qu'il aspire à jouer dans cette grande pièce. Et pourquoi pas commencer dès maintenant à entrer dans la peau de son personnage. Allez j'arrête là mon discours horriblement manichéen, aux accents d'espoir probablement aussi naïfs et simplistes que désagréablement bien-pensants, mais derrière lequel se cache véritablement la peur de voir une répétition malheureuse devenir un jour un spectacle raté.

Confinement de Richard

Jour #3 – Aujourd’hui, c’est une journée normale

Je me suis levé, j’ai pris mon petit déjeuner, travaillé, fait du sport, géré une urgence pour le bureau, cuisiné, déjeuné, fais ma vaisselle. J’ai fait tout cela très naturellement. Je me suis dit que si je voulais sortir, je n’aurais qu’à rédiger une dérogation. En attendant, je reste chez moi et mène ma vie comme si rien n’avait changé. Je crois que rien n’a changé.

Hier je suis sorti. J’avais une boule au ventre dans l’ascenseur qui descendait vers la Terre, comme si je faisais quelque chose d’interdit. Mais je n’y ai croisé ni police, ni soldat. J’ai prêté une attention particulière à mon souffle, j’ai essayé de ressentir si, mêlée à l’air que j’inspirais, je détectais la présence de cet envahisseur invisible qui remplit les rues à notre place. Mais non, rien. En revanche, j’ai vu des enfants, des parents, des gens normaux, sortis se balader ou pour effectuer une course ou une autre. Un vieillard assis sur un banc écoutait une émission de radio sur son téléphone. De ma fenêtre, j’entends monter les cris des enfants qui jouent.

Hier les gens ont ouvert leur fenêtre à 20h pile et se sont mis à applaudir en chœur. Une partie de moi a trouvé ça beau. La partie de moi qui ressent le ridicule de la situation est celle qui m’a dit : « aujourd’hui, c’est une journée normale ».

Confinement de Framboise

STAY HOME DAY 3 (je préfère ceci à 'confinement')

EURÊKA, vive la Solidarité !! J'ai mon vélo, bénédictions sur Daniel mon super voisin  ! Je suis sûre que c'est le début d'une nouvelle vie ; l'urgence du moment veut que nous ne perdions plus de temps en faux semblant ; les croyances liées à la 'bonne éducation' (je ne veux pas déranger pour un sujet aussi insignifiant etc...) volent en éclat et l'échange est déjà bien présent. J'avais proposé une lotion désinfectante pour les mains aux huiles essentielles en échange, mais comme je lui en avais déjà offert une et que son épouse Annie a de la fièvre, mal à la gorge et tousse, j'ai donné vitamine C, oscillococcinum et propolis pour qu'elle aille mieux le plus vite possible.

Et je redécouvre le plaisir infini qu'il y a à donner quelque chose d'ordinairement tout à fait banal à quelqu'un qui en a vraiment besoin. A part ça, j'avais décidé d'avancer sur mon bouquin aujourd'hui mais entre les coups de fil des conseillers en mutuelle (car oui j'ai décidé de prendre une mutuelle) et le skype pour parler avec ma mère dans son Ehpad génial dont l'animatrice est super créative, eh bien je n'ai écrit que deux pages ! et maintenant  j'ai envie d'aller tester mon vélo, en avant roule !!


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