Journal de Confinement - Jour 22

La route est longue ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 22

Confinement de Maillec

Rien ne change. C’est encore une journée comme les autres : je me lève en accueillant cette journée banale sans trop d’enthousiasme, je me fais un jus d’orange pressée, et puis vient le moment de checker la boite mail ; une fois que je ne trouve plus d’excuse pour commencer à travailler, je fume la traditionnelle cigarette qui fait la transition entre le temps de la vie perso et celui de la vie pro. Je reprends ce qui était inachevé la veille… et ça, jusqu’au moment où mon attention diminue : c’est l’heure d’une pause cigarette. L’une des six de la journée. Et finalement, la journée de travail s’achève lorsque j’estime avoir rempli un quota suffisant de charge de travail. Comment il se mesure ? par le remplissage de cases dans un fichier Excel et de lignes dans un document Word. Et quand vient le soir, ce sont les mails du jour qui sont à traiter, les activités bénévoles, et les innombrables tâches de ma to do list.

Le confinement accentue la dimension « relou » de la vie en solitaire mais elle n’en change ni les raisons, ni ses formes d’instanciation, ni ses conséquences.

Pour terminer de façon un peu plus optimiste, je dirais que le confinement n’altère pas non plus le plaisir de cuisiner le soir, de prendre un temps considérable – bien que sa nécessité soit limitée – dans la salle de bain, de Skyper avec ma mère, ou encore de chanter et de gesticuler sur des musiques que j’aime.

Confinement de Zewed


Confinement. Jour 22. Bien que pour le moment piégés dans les sables mouvants d’une pandémie, nous sommes encore à l’aube d’une catastrophe plus globale. Le réchauffement climatique est depuis longtemps enclenché, et ses premières graves conséquences pointent plus que le bout de leur nez. Une majorité de scientifiques s’accordent même pour dire que le Covid fait partie des effets néfastes de la destruction de la biodiversité.

Nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas.

Alors, peut être s’agit-il de réfléchir dés maintenant au rôle qui sera le notre dans les crises de demain. Je ne fais pas la morale, je ne suis pas un exemple d’écologie. Je prends parfois l’avion, je consomme certains produits complices du dérèglement. Mais il n’est pas trop tard pour changer de vieilles mauvaises habitudes. Il n’est pas trop tard pour arrêter de se trouver des excuses.

En attendant, à vos stylos, à vos micros, à vos pinceaux.

Hurlez à tous qu’il est encore temps, puisque viendra celui où nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Confinement de Nats

Je ne suis plus comme avant. 22 jours de confinement ont fini par me changer. Mes habitudes, ce que j'aime faire, tout a disparu. C'est très déroutant de ne plus avoir les mêmes repères que j'ai eu pendant des années. Ma curiosité insatiable n'est plus.

Je passe moins de temps à apprendre qu'avant et plus de temps à me distraire. Suis-je entrain d'essayer d'oublier ce qui m'accable ? Est-ce mon esprit qui me protège pour éviter d'être triste?

Le confinement commence à me taper sur le système. Il m'est particulièrement difficile d'envisager le déconfinement. Celui-ci m'effraie ! Combien de temps devrons nous attendre avant d'être certains que le virus ne reviendra pas ? Combien de temps avant que l'on ouvre à nouveau nos frontières ? Est-ce que je pourrais partir à l'étranger cet été pendant mes vacances ? Tant de questions qui n'ont pas de réponses.

Le destin est incertain. Je ne pense pas qu'il ressemblera à ce que l'on pense.

Confinement de Joumi

Silence, si lent ce mois d’avril

Chers amis, veuillez m’excuser pour mon absence, je romps le silence de ces derniers jours.

Ne trouvez-vous pas que le silence est puissant ? Il parle, murmure, dit tout bas ce que l’on pense tout haut. Il s’écoute, s’apprivoise, se cache même parfois derrière les mots, au-delà du son et du brouhaha de nos quotidiens.

Le silence sait se faire discret. Tellement discret que parfois je me demande s’il existe vraiment ?

« Silence maintenant ! »Je l’appelle, le réclame, l’exige mais l’ai-je déjà rencontré ?

Lorsque le silence est présent, moi je ne l’entends pas. Il n’existe pas.

Et tant mieux ! Parce-que je suis en vie ! Nous sommes en vie ! Et la vie n’est pas silencieuse.

Bises

Confinement de floflo

J'ai cette bulle orange sur mon portable qui me pose tous les jours un tas de question ou qui m'invite à me poser pour apprécier le moment. Il y a souvent des petites phrases toutes faites, entendues mille fois mais que je n'ai jamais vraiment considérées. Je déteste ces phrases. Je m'en suis trop moqué, je les ai trop utilisées pour faire des faux discours. Quand elles me viennent je n'ose pas les dire. Ça flingue mon ego de me rendre compte que mes discours de réconfort pourraient se retrouver dans un mauvais téléfilm français. J'essaie d'être juste et sincère et je me transforme en énorme cliché. Parce que j'ai encore trop d'ego pour accepter l'idée que je puisse tout simplement être un énorme cliché.

La seule constante est le changement. Voilà ce qui s'affiche dans la petite barre en haut de mon écran. Cette phrase je l'ai déjà lu, et elle avait déjà du sens. Mais j'ai l'impression de franchir une nouvelle étape dans sa compréhension. Je me l'explique avec les même mots qu'auparavant mais tout à coup  ils ont une signification profonde. Et je me redis tout ce que je me suis déjà dis, juste pour apprécier cette révélation.

Tout tourne autour du changement. De notre capacité à le désirer ou non. De notre capacité à l'accepter ou non. De notre capacité à la provoquer ou non.


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