Journal de Confinement - Jour 21

Aujourd'hui nous sommes sous la pluie ! Une communauté d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 21

Confinement de Stofcri

Heureusement, il y a la musique.

Depuis toujours, elle m’accompagne, m’a bercé dans mon enfance et continu de me faire chanter, de me chavirer, de m’enivrer de me mélancoliser, de me nostalgiliser, de me toucher parfois au plus profond.
Et puis il y a ceux qui la créent, qui l’interprètent, qui ont quelquefois ce supplément d’âme qui vous invite à toucher les étoiles avec eux.

A ce propos, je ne peux m’empêcher de partager cette merveilleuse citation du poète Te Hoa No Te Nunoa

« faut pas péter à Tahiti, c’est pas très poli Naisy »

Oui, la musique est ce fil conducteur qui nous rappelle nos amours, nos films, nos belles soirées, nos amis, nos disparus.
C’est aussi un point de rencontre entre les hommes ; j’ai le souvenir d’un requiem de Mozart dans l’église de la Madeleine qui m’a ému aux larmes.

Quand les hommes sont ensemble, à l’unisson pour composer de telles beautés, il n’y a plus qu’à s’incliner.
S’incliner, puis se relever en étant certain qu’ensemble, on peut tout.

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 21. Trois semaines. Aujourd’hui, je tiens à regarder droit dans les yeux le positif et à formuler quelques vœux. Tiens, par exemple. Moi qui me laisse aller depuis plusieurs mois à quelques excès qui ont quelque peu changé ma silhouette, je fais maintenant du sport. Tous les jours. J’ai en tête ce que tout le monde dit. « Tu verras, ça va devenir une drogue, tu vas plus pouvoir t’en passer ». 
Je souhaite ne plus pouvoir m’en passer.

J’appelle beaucoup plus mes proches. La chance que j’ai d’être entouré par des gens exceptionnels ne se réfute pas. Je me rends compte que je les aime. Je me rends compte qu’ils m’aiment. Se glisse alors une douce chaleur dans mon coeur qui me fait dire que donner et prendre de l’amour forment un met infini.
Je souhaite y gouter tous les jours de ma vie.

Et puis je souhaite garder cet amour et cette motivation lorsque nos libertés nous seront rendus. Et sur une échelle plus globale, je souhaite que l’on continue à moins polluer notre planète. Puisqu’on le fait, pieds et mains liés, faisons le encore mieux lorsque ceux ci seront libres.
Oui, c’est utopique. Et bien tant mieux.
Puisque les choses changent grâce aux optimistes, l’Histoire le prouve. De chacun d'entre eux naissent de belles idées. 
Ecoutons les. 
Je crois qu'ils ont raison.

Alors j’opte pour l’optimisme puisque on a le choix,
Et je crois à la réalisation de tout mes voeux.

Confinement de Litilesiou

Choisissez une période de votre vie, une période qui remonte un peu. C'est bon ? Remémorez-vous maintenant votre quotidien autant que les visages de ceux qui vous accompagnaient, remobilisez aussi quelques souvenirs parlants. Allez-y faites le. Visualisez. Laissez-vous le temps de vous immerger entièrement dans cet autre vous, cet autre temps, cet autre espace.

Vous y arrivez ? Pour ma part, je remonte à mes 15 ans. Je plonge dans ma tête d'avant avec ma tête d’aujourd’hui et si le prisme a bien changé, il y a ce goût d'époque toujours solidement installé. J'oscille entre mélancolie et enchantement en effleurant de nouveau l'innocence, les joies et les peines, les considérations, l'atmosphère et l'imaginaire de l'époque. C'est si loin et pourtant si proche, comme des retrouvailles avec un ami que l'on connaît par cœur mais qui ne fait plus parti de notre vie.

Je me demande ce que penserait de moi mon jeune alter-ego. Plutôt fier ou déçu ? Sur le cul, très probablement. Peu importe, au fond j'adore l'idée que rien (mais alors absolument rien) ne s'apparente à ce que j'avais pu imaginer ; finalement, on ne peut rien prédire et c'est tellement mieux comme ça. D'ailleurs, si on inverse le raisonnement, à quoi ressemblera le prisme qui transformera dans 10 ans ces moments de confinement en souvenirs ?  Et le monde autour... implosé ? ressuscité ? …

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, raison pour laquelle cette chronique ressemble fort à une bouillie cérébrale sans conclusion. J'en suis désolé. Le moi de 35 ans me dirait peut-être de moins me prendre la tête sur des questionnements pareils. Il me connaît mal ce con. En attendant, je vais quand même l'écouter - après tout, ce sera certainement le plus sage de nous trois. Encore que...

Confinement de Maillec

Déjà vingt jours d’expression. Et c’est mon premier écrit. Je n’ai pas du tout honte de ne pas avoir commencé plus tôt. Je lis avec admiration ces auteurs plus ou moins anonymes. Ils semblent avoir tant de choses à vivre, à penser, à partager. Pour ma part, j’ai l’impression de n’avoir absolument rien à raconter. Je suis seulement restée chez moi. Ça a même été un choix. Contrairement à certain(e)s, ma vie n’a presque pas changé. C’est d’ailleurs peut-être pour ça que je n’ai pas ressenti le besoin de m’exprimer. D’ailleurs, je ne sais pas vraiment pourquoi je le fais. Mais il y a tant de choses qu’on découvre, chemin faisant…

A-t-on alors le droit de dire simplement que rien de change ?

Mes amis sont les mêmes, j’aime toujours autant ma famille, je travaille toujours autant et sur les mêmes sujets, je fais toujours autant d’heures bénévoles, je vis toujours au même endroit, et je ne sors pas beaucoup moins.

Je n’ai aucune envie de repenser ma vie, de me concentrer sur autre chose que ce que j’aime déjà. En fait, je déteste réfléchir à ma vie. Je passe mon temps à la vivre et à la remplir pour ne pas avoir à y penser. Alors demain, je vais continuer de ne rien changer.

Confinement de Floflo

Le soleil suit lentement sa course dans le ciel jusqu'à ce qu'un rayon me tape dans l’œil. Il me faut quelques seconde avant de m'en rendre compte. Je relève la tête et le texte noir sur les pages blanches flotte encore quelques instants dans le décor. Je prends petit à petit conscience de ce qui m'entoure. J'entends une musique de fond jouée par les vagues et les arbres. J'entends les oiseaux chanter et par la baie vitrée entrouverte, ma cousine qui les accompagne à la guitare. Je souris, j'ai l'impression d'être dans un film pour enfant. Ou j'en ai juste envie.

Alors je vois les danseurs, le papillon, les bourdons, et les fleurs au ras de la pelouse quand le vent les agite. Je devine par instant l'odeur de la soupe de ce soir. Je sens le frottement du papier alors que je tourne doucement la page. C'est parfait, c'est niais comme j'aime.

Je me remets bien face au soleil, protégé derrière mes lunettes. Je vois maintenant mon cousin qui fait son sport plus loin. Il doit être sur une autre planète avec la musique dans les oreilles. Je profite encore un peu du moment avant de faire comme lui, avant de m'évader. Je me replonge dans mon livre, je reprends mon voyage. Et parfois je m'égare.


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