Journal de Confinement - Jour 2

2ème jour de confinement. Déjà les choses changent, Nous sommes désormais 6 à vous livrer nos témoignages.

Journal de Confinement - Jour 2

Confinement de Stofcri

Ce qui arrive, j'ai envie d'y voir une promesse. Celle de pouvoir se perdre et se retrouver intensément, sincèrement et librement. Se retrouver vraiment, se dire à quel point nous nous aimons, a quel point la vie est précieuse. Gaïa nous rappelle-t-elle à l'ordre ? Arrêtons de tout bousiller, de dévaliser les stocks de riz au risque de rester constipé et devoir revendre son PQ au marché noir.
Nous nous rendons compte aujourd'hui à quel point notre boulot manque de sens en comparaison de celui de nos héros de ses temps obscures, je parle du personnel hospitalier, des fonctionnaires tellement décriés qui continuent sans relâche à nous servir. Armons nous de patience, les retrouvailles n'en seront que plus belles. Bises

Confinement de Zewed


Confinement. Jour 2. Avec ma nouvelle coloc, on s’est fait un joli emploi du temps. On pense que le temps passera plus vite si on s’y fie sérieusement. On enchaine des plages de taf, de musique, d’exercices physiques ou de lecture. Hier, notre petite théorie s’est vérifié mais il est encore tôt pour tirer des conclusions. Je ne m’ennuie pas encore. Je me sens même un peu grisé. La situation est triste, des gens meurent ou voient des gens autour d’eux partir. Et moi je suis grisé. Quel égoïsme. C’est juste que j’ai la sensation que l’on vit quelque chose d’extraordinaire. Au sens premier du terme bien entendu. Et il semble bien que ça me plait, sous certains aspects.
Ma famille et mes potes vont cependant me manquer. C’est encore le gros point noir de cette histoire. Comment fait-on pour vivre autrement qu’à travers le regard de l’autre. Et puis je culpabilise un peu, parfois, de ne pas être avec eux dans un moment comme celui-la. Je vais peut être enfin découvrir qui je suis.

Confinement de Nats

Jour 2 - Frayeur dans les toilettes

Ce matin grosse frayeur ! Cette nuit j'ai fais un cauchemar, on était à court de PQ. A mon réveil j'accours dans les toilettes, trébuche sur du PQ, et réalise que non on ne va pas en manquer car j'ai eu la bonne idée d'acheter la moitié du rayon à Auchan.
Cette deuxième journée de confinement s'annonce sympathique, il fait plus beau qu'hier, on commence à rentrer dans le rythme et les gens sont calmes.

Une question que je me suis posé hier soir, est-ce que je vais prendre du poids pendant cette période ? Est-ce que notre organisme se rend compte que nous sommes en période de crise et donc va vouloir stocker des graisses ? J'espère que non car j'ai suffisamment de stock (de graisse) pour tenir un siège.  
En attendant, la routine s'installe que ce soit avec des activités sportives, culturelles (BFMTV, CNews) et culinaires (McDo, Kebab, etc).

J'ai également appris ce matin que nous avons notre premier cas de COVID-19 dans la famille, un petit de 8 ans. Il s'en sort bien et ce matin était suffisamment en forme pour faire ses devoirs. Le pire c'est qu'il était content de pouvoir le faire !

Confinement de Richard Riche Idée

Jour #2 – La fleur au fusil

Hier je quittais les gens. Tout le monde avait peur et tout le monde est devenu bête, et sans s’en apercevoir tout le monde est devenu méchant. Aujourd’hui j’entre hors du temps. Je suis perché au sommet de ma tour. Le monde est loin, intellectuellement et physiquement. J’y descendrai faire un tour.

J’ai recopié à la main la dérogation exigée par le gouvernement en cas de sortie, et coché la case « déplacements brefs, à proximité de son domicile patati patata ». Papa m’a dit que les premiers exemples d’amende pour violation du confinement avaient été recensés. Il a précisé « n’oublie pas ta dérogation ! » ; il n’aime pas gaspiller l’argent. Moi non plus, j’ai signé et daté le document. Merde - si demain je veux sortir, il faudra le réécrire.

Je me suis organisé : routines travail, cuisine, sport, réflexion. J’ai plein de temps ! Ma bonne humeur est revenue, je suis rassuré. Je souris : tout me plaît et la perspective de ce qui va suivre m’excite. J’ai trop peur de m’ennuyer pour ne pas aimer le changement. J’ai été seul si longtemps, l’isolement m’aura fait peur moins de 48h.

Je lève mon thé à la prochaine fois que je poserai mes lèvres sur un pubis,
Et j’entre en guerre fleur au fusil !

Confinement de Framboise

En ce deuxième jour, j'ai décidé malgré envie et pré-décision hier, d'annuler mon envie de sortir dans le grand parc voisin. Je dis depuis une semaine que je prends mes responsabilités et ne veux faire courir de risque à personne ; donc, à moins de sortir nuitamment, la logique veut que je reste chez moi, fenêtres grandes ouvertes pour profiter de ce beau ciel bleu et de ce grand soleil réconfortants.

La nouvelle du jour : j'avais commandé un vélo d'appartement pour m'occuper sainement pendant ce temps indéfini qui se déroule devant nous. JOIE ! il m'a été livré aujourd'hui avec 24 h d'avance... Surprise ! il faut le monter, plus que prévu et je ne suis pas sûre d'y arriver toute seule...
Mille idées passent par la tête en cas d'insuccès dont celle que je préfère : demander à un voisin de le faire en déposant tout ce qu'il faut devant ma porte et ouvrir ma porte un moment après sur un petit miracle avec mon beau vélo monté et prêt à être enfourché :-).

À suivre ....

Confinement de Joumi



Le printemps fait sa sortie, il fait beau, ça sent bon, les arbres sont en fleurs.
Quel contraste avec la tension ambiante ! C’est comme si la planète toute entière respirait enfin, libérant ses poumons. Comme si Gaïa avait envie de nous punir de nos mauvais comportements en nous faisant ressentir via les symptômes du corona, sa propre souffrance. C’est une véritable leçon qu’elle nous adresse. Comme une dernière tentative de prise de conscience collective. Un dernier cri. Un cri semblable à celui de Munch, symbole de l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle.
Mon mari m’a dit aujourd’hui que les dauphins réapparaissent en masse en Sardaigne. Ça me touche, ça me rend heureuse. J’ai passé beaucoup de temps dans la journée à contacter mes clients pour les entendre, les écouter. J’ai cherché à les rassurer, certainement pour me faire du bien aussi. J’ai eu envie de les inviter à une période d’introspection, de réflexion. Peut-être pour contribuer à l’ouverture des consciences. Comme si c’était devenu une nouvelle mission.
Partager le cri de Gaïa.
En écrivant ces lignes je pense à ma fille de 21 ans, qui a déjà compris tout ça depuis longtemps.
Mes enfants, je vous aime. Je suis fière de vous.


Share Tweet Send
0 Commentaires
Loading...
You've successfully subscribed to Sous la Pluie
Great! Next, complete checkout for full access to Sous la Pluie
Welcome back! You've successfully signed in
Success! Your account is fully activated, you now have access to all content.