Journal de Confinement - Jour 12

Bon confi-weekend à tous ! Une communauté grandissante d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 12

Confinement de floflo

Une suggestion de film pour ce soir... ou demain

Mon corps et ma tête se sont bien joués de moi. Quand elle réalise que je m'approche de la fin, il a regain d'énergie incroyable. Le but de cette course c'était de pouvoir me vider de mes forces, alors je concentre celles qui me reste et je sprint.

Ah j'ai voulu vous raconter quelque souvenirs associés à quelques endroits. Mais sur cette fin de parcours, ils sont partout. Je pourrais, sans me forcer cette fois, vous en raconter un pour chaque vague qui s'échoue sur la plage derrière la forêt. Les foots, les raquettes, les livres, les chocolats, les pêches à la crevette, aux crabes, aux cailloux, pardon, aux trésors, et les combats pour les défendre, les baignades en été comme en hiver, jusqu'aux bateaux, jusqu'au cob, les traversées en kayak, en catamaran, le naufrage, les cabanes, les châteaux, les couchers de soleil, les étoiles, les premiers rayons de...

Le portail claque et tremble quelques instants. Je prends une profonde inspiration dos au mur, enfin, je marche. Je quitte mon nouveau monde et pour retrouver l'ancien. Je remonte paisiblement le petit chemin à l'avant de la maison.

Je ne sais pas si je fuis, si j'essaie de rattraper, s'il ne faut pas chercher de raison parce que je risque de la perdre, mais je cours de toutes mes forces dans le vent. Une fois épuisé, une fois que j'ai donné ce que j'avais, je suis tranquille.

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 12. Aujourd’hui, j’ai envie de faire un ode à l’excès. Défini comme un « dépassement de la mesure normale ». J’ai longtemps combattu les excès. Maintenant je les accepte dans toute leur splendeur, et je met dans mes poches tout ce qu’ils m’offrent. Bien entendu, je fais attention à l’excès d’excès. Et c’est un exercice difficile. Mais comme tout ce qui existe d’exquis, on peut se lasser de l’excès. C’est encore une question d’équilibre, et je crois qu’on peut le trouver dans un joli débordement.


Vive le trop et vive l’amplification.
Vive l’amour et vive les frissons.
Vive la fatigue et vive l’acceptation.
Mes meilleurs souvenirs sont très étroitement liés à mes abus, j’en suis absolument certain.

Quelle joie, celle que procure le fait de ne pas faire attention. Voila ce qui me manque aujourd’hui, puisque l’on doit faire attention à tout. Et pourtant, voilà que la nature revient, que l’air est meilleur et que les gens respirent.
Peut être dépasser notre condition d’humains excessifs est l’unique clef pour sauver ce que nous détruisons. Voilà terminé le temps des insouciants.

Confinement de Pand{or}A

Même s'il avait les 4 bottes, j'ai gagné, je tiens à le dire !

A chaque fois que je viens dans cette maison, des souvenirs me reviennent. Chaque recoin est imbibé d'un souvenir d'enfance. C'est pour ça aussi que mon père et ma tante ont tant de mal à se décider à la vendre et qu'en attendant, elle décrépit... Elle décrépit et même si des passants curieux s'arrêtent devant car elle fait "tâche" dans le quartier où nous sommes, malgré cela elle est belle et tellement joyeuse.


Au bout de quelques jours, l'envie de rejouer au "Mille bornes" me prend. Nous passions des heures à jouer à ce jeu, ma grand-mère, mon père, ma tante et moi.
Nous nous sommes couchés à des heures pas possibles avec ce jeu ! Alors j'y ai rejoué avec la personne qui m'accompagne pendant ce confinement (non, pas le chat) et là encore, une vague de souvenirs m'a envahie. Je me suis souvenue de ces parties où nous avions tous les quatre des fous rires à en avoir des crampes aux abdos et aux joues car il y avait dans chacune un bouc émissaire, mais ce dernier ainsi que les trois autres riaient en chœur et à pleines dents ! Alors j'ai soudain entendu le rire de ma grand-mère, l'espace d'un instant, après plus de quinze ans sans l'entendre...

Je n'ai qu'une envie : refaire une partie !

Confinement de Nats

Je ne me sentais pas d'écrire hier ... Qu'il était dur d'essayer de mettre des mots sur mon ressenti. Il est difficile certains jours de parler de ce que l'on ressent.

Aujourd'hui j'ai fais une folie, j'ai acheté une machine à pain ! A moi les bonnes baguettes, les brioches, etc ... enfin si la machine marche bien. C'est décidé je ne sors plus, lundi je vais faire des très grosses courses pour tenir 5-7 jours sans sortir. Qu'est-ce que c'est angoissant de quitter son appartement et se retrouver dans la rue avec tous les gens qui ont un masque, ne pas pouvoir se toucher le visage et faire attention à tout ce que l'on touche.

Je voulais aussi remercier ma copine qui me supporte et me soutient depuis le début de ce confinement. Je pense que sans elle celui-ci serait drôlement triste et moins agréable.

Bisous ! Restez chez vous !

Confinement de Litilesiou

On est en 1966. Simone de Beauvoir publie le roman Les Belles Images. Aujourd'hui, je suis tombé sur ce passage. Ce n'est par flemme d'écrire. Ce n'est pas non plus uniquement parce que c'est elle qui l'écrit. Mais c'est bluffant de clairvoyance, de puissance et de vérité. Presque visionnaire. C'était il y a plus de 50 ans, mais ça semble encore plus vrai de nos jours. Je vous laisse avec ses mots.  

"Socialistes ou capitalistes, dans tous les pays l'homme est écrasé par la technique, aliéné à son travail, enchaîné, abêti. Tout le mal vient de ce qu'il a multiplié ses besoins alors qu'il aurait dû les contenir; au lieu de viser une abondance qui n'existe pas et n'existera peut-être jamais, il lui aurait fallu se contenter d'un minimum vital, comme le font encore certaines communautés très pauvres - en Sardaigne, en Grèce, par exemple - où les techniques n'ont pas pénétré, que l'argent n'a pas corrompues. Là les gens connaissent un austère bonheur parce que certaines valeurs sont préservées, des valeurs vraiment humaines, de dignité, de fraternité, de générosité, qui donnent à la vie un goût unique. Tant qu'on continuera à créer de nouveaux besoins, on multipliera les frustrations. Quand est-ce que la déchéance a commencé ? Le jour où on a préféré la science à la sagesse, l'utilité à la beauté. Avec la Renaissance, le rationalisme, le capitalisme, le scientisme. Soit. Mais maintenant qu'on en est arrivé là, que faire ? Essayer de ressusciter en soi, autour de soi, la sagesse et le goût de la beauté. Seule une révolution morale, et non pas sociale ni politique ni technique, ramènerait l'homme à sa vérité perdue. Du moins peut-on opérer pour son compte cette conversion : alors on accède à la joie, malgré ce monde d'absurdité et de désorde qui nous cerne. "

Confinement de Framboise

C'était une belle journée que celle-ci ; un skype avec cousine, oncle et tante très gai, qui fait du bien. L'envie de faire de la cuisine : j'ai tenté un crumble sans gluten et ma foi, c'est plutôt bon, le tout en compagnie de la parenthèse inattendue, avec Grégoire, Valérie mairesse et Daniel Picouly, autre petit moment de bonheur.

Les nourritures terrestres et affectives me nourrissent chaque jour et me font apprécier tous ces petits plaisirs de la vie qui construisent un quotidien que l'on peut choisir de mieux en mieux. Je suis sûre que ce temps qui nous est donné, d'introspection, tout en étant relié aux autres de façon plus vraie, plus authentique est destiné à nous préparer des lendemains qui chantent.

Et je termine mon billet du jour par une phrase de Maître Eckhart : 'aujourd'hui est un jour que j'ai choisi'.

A nous de choisir ce que l'on veut chaque jour dans notre vie ! :-).


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