Journal de Confinement - Jour 11

Demain c'est le week-end ! Une communauté grandissante d'auteurs, confinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 11

Confinement de Louise

About last night

Je crois que je n’ai jamais vu de coucher de soleil aussi beau en France.
Ces nuages qui s’étirent vers un infini qui se dégrade en un bleu qui sombre dans une nuit étoilée.
Le rose qui se dessine en filament dans des lilas presque parfaits,
Un rose orangé qui ne peut être traduit en parfait, sinon ça serait abîmer une aussi jolie toile.

Un bleu grisâtre qui vient éteindre ce soleil qui vient dormir dans le loin.
Une brume bleutée qui vient envelopper l’autre bout de la ville.
La journée vient s’éteindre dans la vile voisine.
La nuit arrive à petit pas tout en caressant ce rose qui s’atténue dans un mauve inimaginable.
Ce rose qu’on voit si peu mais qu’on a hâte de revoir le lendemain.

Je le regarde avec ma bière et ma cigarette a la main, tout en réfléchissant à ce qui va m’arriver demain.
C’est un coucher qui annonce une belle nuit.
En espérant qu’elle ne soit pas meurtrie.

Have a good night ✌

Confinement de Stofcri

Distanciation sociale : quel terme étrange !
Combien de trous du cul de communicants pour trouver cela ?
Je n'ai pas envie de prendre ce genre de distance pour qu'au final je me distorde.

Oui je me sens tordu, handicapé affectif, mes enfants me manquent, ma famille me manque, mes amis me manquent.
Ça a du bon cela dit de prendre conscience que parfois, on a trop pris de distance avec ses proches.
Comme pour les enterrements où chacun fait son mea culpa :
Oui je viendrai te voir plus souvent mais tu sais c'est pas facile blablabla ...
Putain, je vous veux tous autour de moi, j'ai besoin de vous parler de vous sentir, de vous faire une super bonne bouffe...

A tout de suite

Confinement de Zewed

Confinement. Jour 11. Partout. Je vois le reflet de mon rêve partout. Je le vois dans ma tasse de café le matin, dans les vapeurs de mes cigarettes, dans l’écran de télévision. Je me doutais d’être obsessionnel, j’en ai maintenant une irréfutable preuve.


Cette nuit, j’ai mal dormi, pour des raisons que je garderai miennes. J’ai adoré ça. En temps normal, ma tête touche l’oreiller, un doux contact, et je m’en vais rejoindre le pays des inconscients. Autour de moi, beaucoup peinent à trouver le sommeil. Hier soir, je les ai tous compris. J’ai rejoint les rangs des âmes en peine.


Depuis mon réveil, je n’ai comme souvenirs que cette lutte pour m’endormir, mon coeur qui s’emballe, mon corps qui hésite, qui change sans cesse d'avis quant à la position qu’il préfère. Et ma tête qui chauffe d’une flamme qui ne s’éteindra pas.


Je n’ai comme souvenirs que cette lutte pour m’endormir. Et celui de mon rêve, que je rendrai réel.

Confinement de Floflo

Je suis allé trop loin. Je dois courir sans en avoir envie. Mais je le fais sciemment, j'ai envie de ne plus avoir envie et de me forcer. Je me force parce que ça me fait du bien après. C'est quand même fort de devoir se contraindre à être bien. Je sais bien que je ne réveille pas les consciences en disant ça, mais je m'en étonne à chaque fois. Le bien-être est contre nature.

Je repense à Rat Park, une expérience faite sur des rats. Ils avaient le choix entre prendre de la drogue ou boire de l'eau. Ils se sont tous tués à coup de morphine. Jusqu'au jour où un scientifique a refait l'expérience. Cette fois-ci les rats ont vécu en parfaite santé. Le coup de génie du scientifique tenait à une chose. Les rats n'étaient plus isolés dans des cages, ils évoluaient en communauté dans un environnement sain.

J'ai ralenti, les parasites sont revenues. La course c'est ma drogue ou c'est mon eau ? Je manque de me tordre la cheville. J'essaie juste de sortir de ma cage ? J'en sais rien. Mon analogie ne marche pas. Moi je cours mais je suis crevé. Plus de forêt ni de plage, mon paysage est réduit à un pied qui frappe le sol avant qu'un autre ne l'imite. Mes idées font du sur place dans une roue d'acier.

Mais de mon coté j'avance, la ligne d'arrivée est proche maintenant.

Confinement de Pand{or}A

Mon chat a environ 6 ans, il a toujours connu des appartements et depuis presque 3 ans il vit dans des espaces ne dépassant pas les 27m2. Il n’a jamais connu d’autres animaux non plus, à part les mouches avec qui il aime discuter (avant de les manger). Vous avez déjà vu ça ? Jamais réussi à capter ce moment en vidéo mais sur Internet vous devriez pouvoir trouver. Ça ressemble un peu à un bêlement ! Bref, depuis ce confinement, il est dans une très grande maison, vide, avec beaucoup d’échos et de bruits inconnus donc. Il a d’abord passé deux jours sans manger, terré sous des escaliers. Mais petit à petit, il a pris possession de son nouveau territoire. Troisième jour, fabrication d’une laisse avec nœud coulant. Aussitôt le nez dehors, mon chat se réfugie en courant vers l’intérieur, la queue entre les jambes. Après plusieurs tentatives, quelques griffures et quelques centimètres gagnés à chaque fois, je me dis que je vais faire confiance à ce chat peureux : il ne partira apparemment pas très loin. Le lendemain c’est donc sans laisse que je le laisse découvrir ces nouveaux espaces…

Maintenant il parle aux oiseaux (sans les manger), il grignote de l’herbe (et vomit de l’herbe), il mange des lézards (j’espère qu’il ne vomira pas des lézards…).

Le retour sera certainement rude mais pour moi aussi d’un côté. Je suis quand même heureuse que cet épisode nous ait fait connaître la vie (un peu) sauvage.

Confinement de Sandrine

3 jours sans venir vous voir. Travaux, travaux et travaux. Ce matin, il fait beau et frisquet et je file me percher dans mes toilettes après un petit coucou... hein ? Non, pas me pendre : me percher ! Afin d’attaquer la peinture de ce petit lieu d’aisance et pouvoir dire fièrement : « le rez-de-chaussée est termimi, terminé ».

Car oui, j’ai vaincu le mur de la cuisine récalcitrant. Enfin, plutôt j’ai retiré mes lunettes et revu le niveau de mon exigence à la baisse. Et vous savez quoi ? ...ça marche ! Les meubles de la cuisine ont rejoint la cuisine, j’ai de nouveau accès à l’évier, je ne cuisine plus coincée entre le frigo, le lave vaisselle et la machine à laver groupés au centre de cette petite pièce qui constitue généralement le centre névralgique de mon existence.

Car oui, je l’aime ma cuisine. Je m’y tiens une bonne partie de la journée. J’y cuisine bien sûr mais j’y lis également. J’y surfe sur le net ou j’y prends l’apéro. J’y mange souvent. J’y reçois mes petites-filles pour refaire le monde ou faire le pitre le temps d’une pause détente. J’y gratouille mes bestioles. Ou là. Ça fait bizarre en le disant... Alors qu’on soit clair, je n’ai pas de morpions. Je voulais parler des chiens et chats qui passent et rapassent dans ce lieu où ils sont sûr de me trouver à toute heure du jour (et de la nuit aussi) pour quémander câlins et petits bouts de nourriture qui tombent parfois pour leur plus grand plaisir. Oui, j’ai toujours aimé les cuisines...

Aujourd’hui, pour la première fois depuis l’été dernier, je vais lui faire une infidélité. A midi, poulet au barbecul et patates dans la braise. Je n’écris pas trop fort, j’ai peur de la vexer... Mon jardin fait moins de 100m2 mais il était inconcevable de ne pas en faire une annexe de la cuisine. Un barbecul creusé dans un parterre surélevé et garni de grès sur les côtés. Une grille et basta. Pas de souci d’entretien, de stockage et toujours prêt à faire feu !

PS : « barbecul », c’est voulu. Je fais de la résistance à l’oppression anglo-saxonne (certains auteurs de ce blog apprécieront) qui nous a volé ce joli mot bien franchouillard qui remonte aux temps ancestraux où l’on embrochait dans de grandes cheminées des animaux « de la barbe jusqu’au cul » pour les faire rôtir. J’ai faim... Bon appétit à vous

Confinement de Framboise

At home, Day 11
J'ai raté le RV hier et ne suis pas loin de manquer celui d'aujourd'hui. Nos chers auteurs-éditeurs vont devoir rajouter mon texte in extrémis, j'en suis désolée !

Hier et aujourd'hui : quasi le même programme, avec quelques variantes cependant.

Le programme du moment : relecture, complément et corrections pour la finalisation de mon e-book.vélo-papotage avec ma Copine et aujourd'hui je suis sortie pour la 1ère fois depuis 8 jours à pied. Du monde dans la rue, des enfants à vélo et à trottinette et la queue devant certains commerces, notamment le tabac qui remporte la palme de la queue la plus longue !

Des nouvelles de mes Trésors qui me ravissent et me réconfortent. Et surtout ! un RV d'un nouveau genre ce soir : un apéro-Skype avec mes copains. Je suis donc sortie faire les courses pour l'apéro et je ne suis pas encore prête mais je me réjouis d'avance !!

A demain pour de nouvelles aventures et d'ici là, portez-vous bien !


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