Journal de Confinement - Jour 2 - Partie 2

Une communauté d'auteurs, reconfinés comme la totalité du pays, partagent leur ressenti, leurs occupations et leurs questionnements. Rejoignez-nous.

Journal de Confinement - Jour 2 - Partie 2

Confinement de Litilesiou

Au réveil ce matin, la conviction est forte, profonde, autant que la plume est fragile. Le beau ne doit jamais passer au second plan. Encore plus en ces temps bizarres. Voici donc le reflet de cette pensée du jour, empreinte d'un mélange de tristesse et d'espoir et sous la forme d'une bien modeste tentative, je vous l'accorde. C'est déjà beau d'essayer, pas vrai ? Bisous à tous.

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         La femme sur le pont

Les yeux rouges et le visage pâle
Droite, stoïque, la flamme éteinte
Elle frissone, rafale fatale
Ses traits tirés criant sa crainte

Ballotée par la foule qui s'affole
Houle de fous à la dérive
Elle implore tour à tour ses idoles
Lithanie mortelle et naïve

Fébrile et féroce à la fois
Ses yeux flottent sur le cours
De ses pensées, emplies d'effroi
Luttant comme au premier jour

Mais il résonne de ces combats
Où la lumière noircit en nous
Où le plus beau ne gagne pas
Noyé de larmes il se dissout

Que reste-t-il quand la nuit tombe
Sur les remparts de notre espoir
Au feu des maux le corps succombe
Et le soleil ne veut revoir

A toi qui tangue et ne croit plus
Loin des ébats tu te débats
A toi au sel du temps perdu
Résiste aux baisers du trépas

A toi dont les plaintes éplorées
Se couvrent d'un voile funèbre
J'implore ton cœur désenchanté
Car tu rayonnes en ces ténêbres

Ainsi mélancolie nous mène
Conscience obscure et solitude
Labyrinthe aux mille rengaines
Refrains de nos incertitudes

Au firmament de ton mal-être
Le regard fixé tout en bas
Tu n'aspires qu'à disparaître
Si tu voyais autour de toi

Nos peines voguent à tes côtés
Une armée d'âmes en déchéance
Moi je t'attends prêt à t'aimer
Trouver ma propre délivrance

Confinement de Zewed

Reconfinement. Jour 2. Ce sera un premier texte bâclé mais bien existant. C’est toujours mieux que rien, comme on dit.

La routine d’un confinement va bientôt s’installer. Avec en nous l’espoir que la routine des confinements s’épuise et que plus jamais vienne s’abattre sur nous la sentence.

Rien n’est exceptionnel cette fois ci. Rien n’est excitant. Quoi que si. J’ai un chez moi. Et avec moi, deux des meilleurs êtres humains que je connaisse. C’est toujours mieux que rien, comme on dit.

Confinement de Floflo

Le calme est revenu sur la ville. La nature reprend ses droits. Des animaux avancent prudemment sur les quais. L’un d’eux rentre dans un train.

Il semble sur ses gardes. Une menace imperceptible flotte dans l’air. On ne voit rien, on n’entend rien, on ne sent rien et pourtant c’est là. Alors par nature, bien que cela soit vain, il est sur ses gardes.

Dans un geste, il pose ses bagages et son postérieur sur les sièges du RER. Quelques-uns de ses semblables l’observent, immobile, en alerte, les yeux écarquillés, les oreilles dressées, et la bouche… La bouche on n’en sait rien. On n’en sait rien parce que cette drôle d’espèce pense que le pire est avenir et qu’il viendra de leur bouche.

Alors ils couvrent la leur et écoutent attentivement d’autres bouches pleines de dents. C’est une drôle d’espèce voyez-vous, puisqu’à l’intérieur de celle-ci il y a à la fois des prédateurs et des proies. On les différencie à la longueur de leurs dents. La limite est à l’appréciation de chacun.

Les animaux le sentent. Une menace gronde. Si les masques contiennent certains maux, d’autres mots résonnent de plus en plus forts à de plus en plus d’oreilles. Et c’est cette menace qui effraie la pauvre bête.


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